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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES, r art. IV. Liv. V. 3 i 9Il mesura enfin, en deux jours de solstice d’été, les hauteursdu soleil à Londres et à Yorck , avec un secteur de cinq piedsde rayon , et il trouva que ces deux villes différoient en latitudede 2°. 28', d’où il conclut que le degré étoit de 367176 piedsanglois , qui font 67800 de nos toises.

Nous devons encore ranger le P. Riccioli, et son compa-gnon d’observations le P. Grimaldi , parmi ceux qui se sontdonné de grands soins pour la mesure de la terre; mais nousne pouvons dissimuler en même temps, qu’ils furent bien moinsheureux qu’aucun de ceux qui les précédèrent dans le mêmesiècle. Car si Snellius se trompa de deux mille toises, Riccioli,par diverses petites erreurs accumulées, se trompa de plus cinqmille. Nous croyons en appercevoir la cause : rien n’est pluspernicieux à un observateur que d’être prévenu qu’il doit ren-contrer un certain résultat. Riccioli , après avoir savammentdiscuté les mesures anciennes, se persuada qu’il devoit trouverle degré d’environ 8ioso pas romains. En conséquence on levoit toujours adopter de préférence les observations qui luidonnent une plus grande mesure. D’ailleurs on trouve la sourcede l’erreur énorme de Riccioli dans la nature de la méthodequ’il a employée. Loin de choisir la plus simple , la plus exemptesd’élémens incertains ou difficiles à déterminer, il en emploieune qui est la plus compliquée qu’on puisse imaginer. Ce sont,par exemple, des observations de hauteurs d’étoiles prises dansun certain vertical, et près de l’horizon , dans lesquelles laréfraction est négligée et la déclinaison tirée du catalogue deTycho, où l’on peut, sans faire tort à ce grand homme, sup-poser quelque erreur d’une ou deux minutes. II entre encoredans l’opération de Riccioli des hauteurs du pôle sur lesquellesil varie lui-uietne ; enfin je vois des triangles extraordinairementaigus , où une erreur légère sur un angle peut en occasionnerune immense sur un des côtés. Cette incertitude jointe à lapréoccupation où il étoit que le degré devoit contenir environ81000 pas romains , ou soixante-quatre à soixante-cinq millepas de Boulogne, lui fournit en effet le moyen de prolongersa mesure de telle manière qu’il porte enfin le degré à 64860pas, qui reviennent à 62660 toises de Paris, c'est-à-dire, plusde cinq mille toises au-dessus de sa vraie grandeur. On peutvoir dans le livre de la grandeur et de la figure de la terre ,par M. Cassini, une ample discussion de cette mesure. Elleconfirme parfaitement ce que nous venons de dire, et qui n’estque le résultat de l’examen attentif que nous en avions fait nous-men»es sur Pouvrage de Riccioli.

Tout le monde sait, que depuis ce temps, il y a eu de nom-breuses mesures du degré du méridien sous diverses latitudes,