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l’aire sera \x\. On ne peut disconvenir que le principe et laméthode des fluxions ne soyent exposés dans cet endroit del’écrit dont nous parlons , mais on n’a aucune certitude queLeibnitz Tait vu : il ne lui a jamais été communiqué par lettres;ses adversaires ne l’ont pas même avancé , et ils se sont con-tentés de donner à soupçonner que Leibnitz , dans l’entrevuequ’il eut avec Collins lors de son second voyage à Londres ,avoit eu communication de cet écrit. A la vérité, ce soupçonn'est pas entièrement destitué de vraisemblance , d’autant queLeibnitz convient d’avoir vu dans cette entrevue une partie duCommerce Epistolaire de Collins. Je crois cependant qu’ilseroit téméraire de prononcer là - dessus. Si Leibnitz s’étoitborné à quelques essais de son calcul nouveau , ce soupçonseroit fondé ; mais quand on volt ce calcul prendre entre sesmains l’accroisseinent qu’attestent tant de pièces insérées dansles Acta Eruditorum, on doit ce semble reconnoître qu’il dûtprobablement à son génie et aux efforts qu’il lit pour devinerune méthode qui inettoit Neuton en possession de tant debelles vérités , l’invention de la sienne. Cela est d’autant plusvraisemblable , que du calcul de Barrow , il n’y a pas bien loinau calcul différentiel. Le pas n’étoit pas bien grand pour ungénie tel que celui dont Leibnitz a donné tant de preuves.
VIII.
L’Angleterre, quoique le pays natal des calculs que nousnommons différentiel et intégral, n’est cependant pas celui oùils ont d abord pris leur accroissement. Nous faisons abstractionde Neuton, qui les appliqua dès-lors avec tant de succès à ladécouverte des vérités les plus sublimes , et qui étoit en pos-session de quantités de méthodes excellentes. Mais à l’exceptionde ce qu’il en dévoila dans ses Principes en 1687, et de ce quien put transpirer d’après ses lettres et ses manuscrits , c’étoitun trésor précieux dont lui seul avoit encore la clef; de ma-nière que c’est en quelque sorte du continent que T Angleterrereçut la connoissance de ce calcul. Craig , qui le premier lecultiva, et qui T appliqua à la dimension des grandeurs cur-vilignes (1), le tenoit des pièces insérées par Leibnitz dans lesActes de Leipsick. II en fait l’aveu de plusieurs manières , soiten appellant cette méthode le calcul de Leibnitz, soit en adop-tant sa notation. Ainsi, c’est à l’époque de la connoissancequ en donna M. Leibnitz au monde savant, qu on doit à certains
(1) De fg. cvrvil. quad. et locis. Geom. Lond. 169Z, in- 4°.