384 HISTOIRE
nombreuses dont il lut chargé par ce prince ne lui permirentguère plus alors de s’adonner aux Mathématiques. Cependantlorsque les Actes de Lcipsick parurent , il ne laissa pas de lesenrichir de quantité d’écrits, soit physiques, soit mathématiques,écrits qui sont tous marqués au coin du génie , et qui font re-gretter que leur auteur n’ait pas eu le loisir de suivre davantageses idées , et de se livrer à un travail plus réglé sur ces ma-tières. M. Leibnitz se le proposa souvent, et il a été pendantplusieurs années question d’un ouvrage de Scientiâ injiniti ,dont son nouveau calcul, et surtout le calcul intégral auroitfait la principale partie ; mais distrait par des entreprises labo-rieuses , et encore plus par son penchant vers la Métaphysiquela plus déliée , il ne trouva jamais le temps de remplir l’attentedont il avoit flatté le monde savant. On ne sauroit trop regretterréexécution de cet ouvrage. Car à qui appartenoit - il mieux,qu’à Leibnitz d’exposer les principes et les usages d’un calculdont il étoít un des inventeurs ? Quelle ample moisson d’idéëssublimes , neuves et fécqndes n’eut pas présenté un ouvrageauquel il eut mis d’autant plus de soin , que c’étoit la plusforte réponse qu’il pût faire à ceux qui lui con festoient la partqu’il avoit dans l’invention de ces nouveaux calculs ? Peu avantsa mort , il écrivoit à Wolf qu’il avoit encore à donner sur cesujet quelque chose d’inespéré, et qui n’avoit rien de semblableaux inventions do Nenton et des géomètres anglois.
L’attention de Leibnitz se portoit sur tout ce qui peut con-tribuer à l’accroissement et à la propagation des sciences. L’éta-blissement d’nne académie en Allemagne lui parut propre àcela , et il le sollicita auprès de Frédéric 1 er ., roi de Prusse etélecteur de Brandebourg. Ce prince entrant dans ses vues, fondaen 17or à Berlin , sa capitale , cette académie , émule de cellesde Paris et de Londres , qu’on y voit fleurir aujourd’hui. M.Leibnitz en fut nommé président, et remplit cette place jusqu’àsa mort ; elle arriva le 14 novembre 17x6, et elle fut causéepar un accès de goutte remontée ,• qui le suffoqua presquesubitement. 11 étoit un des associés étrangers que l’académiechoisit lors des nouveaux réglemens qu’elle reçus en 1699. IIentretenois depuis plusieurs années avec M. Jean Bernoulli uncommerce de lettres , qui a été mis* au jour en 174^ , sous letitre de Lellmitii ac BernouLHi Comm. Phil. et Math. 2 vol.
Rien de plus intéressant que ce recueil pour celui quiest suffisamment versé dans la Géométrie et l'Analyse. Qu’onse représente deux hommes d’un génie transcendant, se com-muniquant de confiance leurs vues; comme le choc d’un cailloucontre un autre fait jaillir l’étincelle , ainsi les id^es de l’unexcitent celles de l’autre. C’est surtout dans ce recueil qu’il faut
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