414 HISTOIRE
les quarrés des vitesses avant et après le choc , il suit que lecentre de gravité d’un système de corps a la puissance de re-monter à la même hauteur que celle d’où il est descendu.
M. Huygens termine son écrit par une remarque curieuse,qui mettra aussi fin à ce que nous avons à dire sur ce sujet. Lavoici : lorsqu’un corps en choque un autre en repos par 1 entre-mise d’un tiers d’une grandeur moyenne, il lui communiquetoujours plus de mouvement , que s’il le frappoit immédiate-ment ; et ce mouvement est le plus grand qu’il puisse être,lorsque le corps intermédiaire est moyen géométrique entrel’un et l’autre. 11 y a plus , ce mouvement sera encore plus grandsi le corps dont nous parlons est choqué par l’entreinise de deuxautres, qui avec les deux extrêmes fassent une proportion géomé-trique continue. Enlin , plus il v aura de moyens proportionnelsentre l’un et l'antre, plus grande sera la vitesse du dernier compa-rée avec celle du premier, di l’on supposoit, par exemple , centcorps en proportion double , le plus grand choquant le moindrepar l’entremise de quatre-vingt-dix-huit autres , lui imprimeraitune' vitesse 2338492188000 fois plus grande que la sienne, aulieu que s’il l’eût choqué immédiatement , il ne lui eût donnéqu’une vitesse un peu moindre que double.
Dans tout ce que nous venons de dire sur le choc des corpsà ressort, nous avons supposé que ce ressort étoit parfait, c’est-à-dire , qu’il se restituoit avec la même force que celle par la-quelle il avoit été comprimé. Mais comme il n’est rien dans lanature qui soit doué de la perfection mathématique, on douteraavec raison qu’aucun corps ait nn ressort parfait. La Mécaniquecependant ne sera pas ici en défaut ; il est aisé d’appliquer auxcorps à ressort imparfait la théorie précédente ; car supposonsun corps dont le ressort ne se rétablit qu’avec les ~ de la forceavec laquelle il a été bandé , il ne rendra que les ’ | de la vitesseavec laquelle il a été choqué. Ainsi au lieu de distribuer áuxcorps qui se choquent la vitesse respective entière en raisonréciproque des masses , ce seront seulement les || de cette vitessequ’il leur faudra distribuer de cette manière.
La théorie précédente n’est pas seulement appuyée sur le rai-sonnement et sur l’exauiea attentif de ce qui se passe dans lechoc des corps ; elle est aussi fondée sur l’expérience. Les écritsde Wallis , de Wren et Huygens , ne furent pas plutôt publics ,que les physiciens imaginèrent divçrs moyens de l’éprouver etde la rendre sensible aux yeux. Wren s’en étoit déjà assuré pardes expériences qui n’ont pas été publiées. M. Mariette, quicultivoit dans le même temps avec grand soin la physique expé-rimentale , se proposa le inême objet. La première partie de son