43 6 HISTOIRE
La cause de ce phénomène se déduit des lois du mouvement;Tout corps en mouvement affecte une direction rectiligne ; etsi quelque obstacle le force à prendre un chemin curviligne ,aussitôt qu’il en est affranchi, il continue son chemin sur laligne droite tangente au point où cet obstacle a cessé. II seroitfacile de le démontrer, si l'on n’en étoit pas suffisamment con-vaincu. Lors donc qu’un corps attaché, par exemple , à un fil,tourne circulairement, à chaque instant il tend à s’échapperpar la tangente. Mais on ne sauroit écarter un corps de sadirection naturelle , non plus que le mettre en mouvement ,sans en éprouver une résistance en sens contraire. Le fil auquelle corps est attaché , et qui le retient sur la circonférence, enle retirant vers le centre, éprouvera donc un effort contraire,c’est-à-dire dans la direction du centre à la circonférence. Quesi au lieu d’un fil, nous supposons une force quelconque quiagit sur ce corps en le repoussant sur la circonférence, il estaisé de voir que ce sera la même chose ; cette force éprouverade la part du corps une réaction , ou -un effort en sens con-traire. Cet effort, considéré comme l'effet de l’inertie du corps ,et comme tendant à l’écarter du centre , est nommé forcecentrifuge. La force opposée , qui le ramène continuellementdans la route curviligne , est appellée force centripète. On leurdonne le nom commun de forces centrales. Dans les mouve-mens circulaires , elles sont égales ; car puisque le corps ne«'approche ni s’éloigne du centre , il est nécessaire que l’uneet l’autre se contrebalancent exactement ; mais dans les raou-vemens sur d’autres courbes, elles se surmontent alternative-ment , et c’est là la cause des approches et des éloigncinenspériodiques de certains corps , comme les planètes , du centrede leurs mouvemens. On se bornera ici à ce qui concerne lesforces centrifuges dans les mouvemens circulaires.
La connoissance de la force centrifuge est d'une grande an-tiquité , et même quelques philosophes anciens en avoient faitun des ressorts du mécanisme de l’univers. On a déjà remar-qué qu’Anaxagore, interrogé pourquoi les corps célestes , aux-quels il attribuoit de la pesanteur , ne tomboient pas sur laterre , avoit répondu que leur rotation les soutenoit, et con-trebalançait leur gravité. C’étoit aussi le sentiment de quelquesphilosophes contemporains de Plutarque , comme le prouve sonlivre De facie in orbe Lunae. Au reste , les idées que les an-ciens avoient sur le mouvement étoient trop incomplètes , troppeu justes, pour qu’il leur fût possible de reconnaître la natureet la cause de cette force. Descartes et Galilée sont les pre-miers qui en ayent donné des idées justes. Néanmoins ces phi-losophes illustres par d’autres travaux s’en étoient tenus à une