DES MATHÉMATIQUES. Pa*t. IV. Liv. VII. 44^le corps parvenu de son apogée à son périgée , retourneroit parle même chemin de son périgée à l’apogée. Par conséquent ilseroit capable , en vertu de sa vitesse et de la force de projec-tion acquise en B , de décrire une partie semblable de courbede l’autre côté de Taxe. Il seroit ridicule d’accorder l’un et denier l’autre , puisque , à la position près , tout est exactementsemblable. II n’est donc rien de plus foible que l’objection quenous venons de discuter ; et quoiqu’elle ait paru si pressanteau P. Castel ( 1 ) , qu’il ait cru de bonne foi avoir porté un coupmortel au système de Neuton, nous osons dire avec un écrivainanglois , peut être un peu trop franc, qu’elle fait pitié, et quec’est une vraie objection d’écolier. On peut élever, nous n’endisconviendrons point, contre l’attraction considérée philoso-phiquement , des difficultés fondées jusqu’à un certain point.Mais les propositions que Neuton déduit de ce principe, commehypothèse , sur la forme des orbites que décriroient les corps ,n’en sont pas moins des vérités incontestables. Les révoquer endoute, c’est se rendre coupable aux yeux des personnes intel-ligentes dans la Géométrie et la Mécanique , d une honteuseprécipitation , pour ne rien dire de plus.
On demande dans un livre, ouvrage d’un homme célèbre (a),si , dans la description de ces orbites curvilignes , avec l’attrac-tion ou cette force qui pousse ou attire vers un centre déter-miné , on admettra la force centrifuge. Cette question, ou plutôtcette objection déguisée , nous a surpris , et nous ne nous at-tendions pas à la trouver dans ce livre , d'ailleurs ingénieux ,et qui contient la meilleure apologie qu’on puisse faire d’unecause désespérée. Faut-il douter que la force centrifuge ne doiveêtre admise avec l’attraction dans les mouvemens curvilignes.C’est par la combinaison de la force centrifuge avec la forcecentripète que le mobile décrit une courbe plutôt qu’une autre jqu’il s’éloigne et s’approche du centre des forces. La premièreprévaut - elle, comme elle fait dans le sommet de l’ellipse leplus voisin du foyer on réside la force centrale , le corps s’enéloigne, et il continue à s’en éloigner jusqu’à ce que sa vitessesoit assez ralentie , aussi bien que sa force centrifuge qui endépend , pour donner la supériorité à la force centripète. C’estce qui arrive dans le sommet de l’ellipse le plus éloigné ducentre des forces. Nous pourrions montrer de même, en suivantle mobile , comme pas à pas , dans les différens points de sonorbite , et en calculant, d’après les principes universellementadmis, sa force centrifuge et sa force centripète à chacun de
(1) T)e la pes, univ. corps , t, II,vers la nu.
(2) Théorie des tourh. Cartésiens ,par M, de Fontanelle , Réflexion XI,