DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Eiv. IX. 6o5
ellipse ayant le centre de forces à l’un de ses loyers. Ce scfnt-là , ainsi que tout le monde sait, deux propriétés du mouve-ment des planètes autour du soleil. II faut donc conclure avecNeuton , que les planètes sont retenues dans leurs orbites au-tour de cet astre par une force semblable à celle que nouséprouvons sur la terre , et qui décroît en raison réciproque duquarté de la distance.
Neuton en étoit là lorsqu’il lit connoissance avec Elallei. Cetami illustre sentit aussitôt tout le prix de ces belles découvertes,et il l’engao-ea à les publier dans les Trans. philos. Mais bien-tôt il alla plus loin , et conjointement avec la Société royale ,il l’exhorta puissamment à développer davantage , et à mettreen ordre toutes ces sublimes théories qu’il avoit dès lors ébau-chées sur la mécanique , et sur divers points du système deì’univers; il «'offrit enfin à prendre sur lui les peines et les soinsde sédition. Ce furent ces instances, et pour ainsi dire-cetteviolence qu’il lit au peu de goût q u'avoit Neuton pour se pro-duire , qui hâtèrent la publication de ses Principes. Neutonn’employa , dit-on , que dix-huit mois à trouver une grandepartie de ce que contient ce livre immortel, et à le rédiger.Eníiu, après quelques difficultés élevées par Hook qui disputoità Neuton d’avoir le premier démontré les lois de Kepler, l’ou-yrage parut en 1687 , sous le titre de Philosophiae naturalisprìncipia mathematica , 7.7-4°. On remarque que ce livre , sidigne d'admiration, ne fut pas d’abord reçu, du moins dans lecontinent, avec les applaudissemens que lui ont donné depuistous les philosophes de l’Europe, ct ceux-là mêmes qui, réad-mettant pas toute sa doctrine, pou voient être sensibles aux nom-breuses découvertes de tout genre qn’il contient d’aiileurs. Onne doit pas trop s’en étonner ; à peine commençoit-011 à con-venir de toutes parts que la manière , du moins intellipibleet mécanique dont Descartes tentoit d’expliquer les phéno-mènes de la nature, valût mieux que les mots vuides de sensqu’on donnoit dans les écoles pour des raisons; à peine enfincomrnençoit-on à se loger dans l’édilice élevé par le philosophefrançois ; il étoit dur d’ôtre obligé de l’abandonner si tôt. Al’égard de l’Angleterre, ne lui saisons pas entièrement honneurde la justice qu’elle rendit d’abord à Neuton. Quand on saitcombien la nation angloise est exclusive à l’égard de tout mériteétranger, et combien elle est partiale en laveur de ce qui apyis naissance chez elle, on sera disposé à croire que la qualitéd Anglois dans Neuton appìanit beaucoup l'admission prompteY obtinrent ses dogmes philosophiques.
Un voit par l'exposé que nous avons fait plus haut du progrèsdes idées de Neuton, que la gravitation universelle n’est point