DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Lrv. IX. 629ce ne sont enfin , selon lui, que des amas d’exhalaisons qui,après avoir circulé pendant quelque temps dans les athrnos-phères des planètes , en s’élevant toujours , en sortent enfin ,et prennent un mouvement curviligne de différente natureparabolique, elliptique ou hyperbolique, suivant la vitesse aveclaquelle elles se sont échappées. C’est dans le livre IX de saCométographie , qu’Hevelius expose ces idées. Comment a-1-onpu voir là une ébauche même de celles de Neuton ?
Tels étoient les progrès de la théorie des comètes , lorsqueparut celle de 1680, sujet de tant de terreur pour le vulgaire,et de tant de recherches et d’admiration pour les savans. Elleíut apperçue et observée pour la, première fois avec exactitudeIe '4 novembre ( v. s.) , à Cobourg en Saxe, par M. GottfriedKirch. Elle alloit alors en se plongeant presque directementvers le soleil. Elle accéléra son mouvement jusqu au 3 o no-vembre , qu'elle fit environ 5 ° en un jour : elle le retarda en-suite jusqu’à ce qu’on la perdît de vue ; ce qui arriva dansles premiers jours de décembre. Elle recommença à se mon-trer vers le 22 de décembre , revenant du soleil, et quelquesjours après, elle décrivit environ 5° en un jour. Son mouve-ment alla toujours depuis en retardant jusqu’au milieu de marsde Tannée 1681, qu’on cessa de la voir. Elle coupa l’écliptiqueen deux points, non diamétralement opposés, mais éloignésl’un de l’autre seulement de 98° , savoir vers la fin du signede la Vierge et le commencement de celui du Capricorne ; etelle parcourut depuis son apparition jusqu’à son occultation ,près de neuf signes , traînant après elle, à son retour du so-leil , une queue qui alla jusqu’à 70° de longueur. On prouveque ce fut la même comète , par la ressemblance du noyau ,ou du corps qui parut le même avant et après son passageprès du soleil, par celle de son cours dont la direction futla même , et surtout par l’accord des observations avec lescalculs faits par Neuton , d’après cette hypothèse.
Ce fut une sorte de bonheur pour l’astronomie, que la terrese trouvât dans une position assez avantageuse pour voir rap-proche de cette comète vers le soleil , et son retour du voisi-nage de cet astre. Sans cette heureuse circonstance , le véri-table système du mouvement des comètes eût peut-être encoretardé long-temps à paroître. La singularité de celle dont nousparlons , en hâta la naissance.
C est d’une petite ville d’Allemagne qu’on vit sortir les pre-mu res étincelles de ce système, comme autrefois l’on avoit vucelui de Copernic sortir d’une petite ville de Prusse (Varmie)jfséjour ordinaire de cet homme célèbre. Celui à qui l’on estredevable de cette belle découverte, est G. S. Doerfell, ministre
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