DES MATHEMATIQUES. Part. IV. Liv. IX. 633est en mouvement. De même , dit Neuton , les vapeursexhalées d’une comète à son approche du périhélie , et aprèslavoir passé, se dirigent du côté opposé au soleil, mais avecun peu de déflection de côté, à cause du mouvement du corpsde la comète.
C’étoit-là tout ce qui s’étoit dit de plus probable sur Partialedes queues des comètes avant M. de Mairan. Cet illustre phy-sicien à qui nous devons une explication du phénomène de l’au-rore boréale (1) , conjecture avec beaucoup de vraisemblance ,que les queues des comètes sont produites par la matière del’athmosphère solaire dont ces corps sc chargent lorsqu’ils ar-rivent à leur périhélie , et qui est poussée dans une directionopposée à celle du soleil, soit qar le choc des rayons solaires,soit par une cause semblable à celle que Neuton donne del’ascension des vapeurs dont il compose ces queues. En effet ,on a remarqué que les comètes ne commencent à avoir de
a ueue sensible que lorsqu’elles sont parvenues à une distanceu soleil, moindre que celle de la terre, ce qui est à peu prèsle demi-diamètre de l'atbmosphère solaire. Au contraire, cellesqui ont passé dans leur périhélie à une plus grande distancedu soleil, comme celles de i585, 1718, 1729 , 1747, ont étévues sans queue ; mais il faut voir dans l’excellent ouvrageque nous avons cité plus haut, les preuves qui établissentcette conjecture. Revenons à la théorie des comètes.
Après Neuton , il n’est personne à qui cette partie del’astronomie ait d’aussi grandes obligations qu’à l’illustre M.Hallei. Ce savant Astronome donna en 1705 , à la Sociétéroyale de Londres , un écrit intitulé Cométographia , seu As -tronomiae cometicae Synopsis. Là , en supposant les méthodesenseignées par Neuton , pour déterminer la position de 1 or-bite d’une comète après quelques observations , il propose destables pour en calculer les lieux, pareilles à celles dont les as-tronomes étoient déjà en possession pour calculer ceux des pla-nètes. 11 a plus fait dans la suite, et il en a donné d’autres propres -à calculer ces lieux dans fhypothèse plus exacte d’une orbiteelliptique. Mais voici l’article le plus intéressant et le plus cu-rieux du travail de M. Hallei. C’est le calcul qu’il fit des or-bites de vingt-quatre comètes sur lesquelles il trouva des obser-vations de quelqu’exactitude , et qu’il rédigea en table pourpouvoir en faire la comparaison. 11 eut le plaisir de voir vé-rifier par ce moyen le sentiment de ceux qui font des comèteses astres sujets à des retours périodiques. En effet, l’inspec-tion de la table dont nous parlons , montre que les comètes
0) Traité physique et historique de l’aurore boréale. Paris, 1731,1754, "*-4°.