632 HISTOIRE
que la comète ne la parcourût que dans 5 j 5 ans , et c’est ce
calcul qui ne diffère au plus que de deux minutes et demie de
l’observation.
Une particularité remarquable à l’égard de la comète de 1680,c’est quelle passa dqns son périgée à une très-petite distancedu soleil. Suivant M. Neuton , elle ne fut alors éloignée de lasurface de cet astre que de 612 parties , dont le rayon de l’or-bite terrestre en contient 100000. Ainsi elle approcha du soleil16Ò fois plus que la terre, et elle ressentit une chaleur qui sur-passe environ 26000 fois la plus grande que nous éprouvionsici; et comine la chaleur d’un fer rouge n’est guère qu’une dou-zaine de fois plus grande que la chaleur directe d’un soleil d’été,il s’ensuit que la comète dont nous parlons éprouva une chaleurau moins deux mille fois plus grande que celle d’un fer rouge.Ceci montre que cette comète devoit être un corps bien com-pact, pour n’avoir pas été dissipée par une chaleur aussi pro-digieuse ; ce qui ajoute un nouveau degré de force au sentimentqui en fait des corps éternels. Ajoutons encore que M. Neutonconjecture que cette comète et toutes les autres , Rapprochantde plus en plus du soleil à chaque révolution, elles tomberontdans cet astre , comme pour lui servir d’aliinent , et rétablirla perte qu'il fait continuellement par la lumière qu'il nousenvoie. Mais ce sont-là des conjectures purement physiquesqu’il ne faut point mettre à côté des découvertes astro-nomiques que nous venons d’exposer , et qui n’en serontpas moins des vérités solidement établies, quel que soit le sortde ces conjectures. A l’égard de cet ornement singulier qui ac-compagne ordinairement les comètes, nous voulons dire de leursqueues, voici en peu de mots ce qu’il y a de plus probable surce sujet.
Nous ne nous arrêterons pas à réfuter l’opinion des anciens,et de quelques modernes qui ont fait venir les queues des comètesde la réfraction des rayons solaires au travers du corps ou dunoyau de ces astres. Outre que ce noyau est visiblement opaque,on ne voit pas comment ces rayons pourroient être réfléchis ànos yeux par une matière aussi subtile que l’éther. Aussi Keplerqui avoit d’abord été de ce sentiment , et qui avoit même traitéde monstrueux celui qui faisoit venir ces queues d’une matièreappartenante au corps de la comète, se rétracta dans la suite.11 attribua alors les queues des comètes à leur atmosphère etaux parties les plus volatiles do leurs corps, entraînées par lesrayons du soleil. C’est à peu de chose près l’opinion qu’a em-brassée Neuton , si ce n’est qu’il compare ces queues à lafumée d’un corps brûlant qui se dirige en haut et perpendicu-lairement , s’il est en. repos , et obliquement et de côté, s’il