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Tome troisieme.
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4î o histoire

puisqu’il exposeroit, selon les lois de la probabilité, î innocentsur 4.0 accusés , à être injustement condamné.

Appliquons à présent ceci au cas d’un tribunal mieux com-posé , comme celui de nos anciens tribunaux criminels où ilîalloit être au moins sept juges , et où il f’alloit une plura-lité de deux voix pour former jugement de condamnation.'Sur quoi il faut d’abord observer que lorsqu’il y a 7 juges, ilfaut que 5 soient du même avis pour condamner à mort , cequi fait nécessairement une pluralité de 3 , au lieu que s’ily avoit 8 juges, la pluralité de 2 seroit acquise, y ayant 5 jugescontre, et 3 pour l’accusé. Mais supposons le tribunal formé de7 juges, on aura, en supposant le même degré de capacitéque ci-dessus, cette formule if •+- 7.9 e . -t- 21.q 5 , -t- 35 .9 4 -t- 35 .9 1H- 21.9* -f- 7.9 -t- 1. Ainsi dans le cas d’unanimité , il y auroitseulement en faveur du condamné ■ , ò000060 à parier contre 1pour son innocence, et conséquemment 9999999 contre 1 qu’ilest coupable, ce qui approche bien près de la certitude. S’ilétoit condamné par 6 voix contre x il y auroit seulement pourson innocence une probabilité de t 0 ooòoo ~» Nous passons lesautres cas pour arriver à celui où il sera condamné seulementpar la pluralité nécessaire, c’est-à-dire par 5 voix contre 2 ,on trouvera en faveur de l’accusé une probabilité seulementde r^' ò ~ o°ó ~ o , ce qui se réduit à H J aura donc dans ce cas

5878 contre un à parier que l’accusé étoit coupable. Si 4 voix suffi-soient pour opérer la condamnation , il y auroit seulement uneprobabilité de 3-^ que l’accusé étoit coupable, ce qui seroit assu-rément un degré de probabilité trop foible pour suffire à unecondamnation capitale. Les lois de l’humanité semblent exigerun degré de probabilité au moins de quelques milliers contre 1.

Nous n’avons voulu doqner ici , par forme de digression ,qu’une légère esquisse des questions nombreuses que présentecette matière. Condorcet considérant le sujet sous toutes sesfaces, s’en propose une multitude auxquelles il applique l’ana-lyse. La constitution d’un tribunal , par exemple, ou celled une assemblée composée d’un plus ou moins grand nombrede votans, étant connue, la probabilité de la justesse de l’opi-nion de chaque juge ou votant étant donnée ou supposée , lapluralité exigée par la loi étant aussi déterminée, il 8e proposeces quatre questions qui , avec quelques autres incidentes ,forment l’objet de la partie analytique, savoir quelle est laprobabilité de ne pas avoir une décision contraire à la vérité ,quelle est celle d’avoir une décision vraie ou fausse, quelle estcelle que cette décision sera juste, &c. Mais nous ne pouvonsqu'indiquer ces questions qui sont suivies de beaucoup d’autres.

Une question néanmoins sur laquelle il traite surtout, c’est celle