DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv II. 5 17images sur le même oculaire, et qu’on éloigne suivant le dia-mètre de l’astre. L’idée de l’héliomètrefait par Bouguer fut an»pliquée en Angleterre aux télescopes en 1754, d’une manièreun peu différente} elle consiste à partager un objectif en deuxparties égales, que l’on fait mouvoir en sens contraire, et quel’on place à l’extrérnité d’un télescope. Short et Dollond furentles premiers qui en firent construire, et ils en attribuèrent lapremière idée à Savery. Short assure que cette invention avoitété déposée , en 174$ , à la Société-Royale , Philos, trans ., tomeXLVIII. Mémoires de Marseille , année 1766. Mais du moinselle ne fut répandue et employée en Angleterre qu’après Bouguer,c’est-à-peu près ce qui étoit arrivé à l’occasion du micromètred’Auzout. On trouve la description de l’héliomètre dans Y As-tronomie du cit. de la Lande.
Le micromìtre prismatique du cit. Rochon est encore uneidée intéressante. Cet instrument a un avantage pour la mesuredes petits angles. On voit dans le Recueil des Mémoires ducit. Rochon, publié en 1783, un mémoire qu’il lut à l’Acadéiniedes Sciences, le 2,5 janvier 1777, et qui en contient la pre-mière idée. Les doubles réfractions du crystal d’Islande, remar-quées d’abord par Erasme Bartholin , sur lesquelles Huygens fitun grand nombre d’observations, ont été 1 objet des recherchesde Newton dans son Optique -, le P. Beccaria fit voir qu’on n’a-voit pas assez bien observé la double réfraction du crystal deroche , Phil. trans. , vol. 52 . Martin donna aussi des observa-tions nouvelles, Essai on lsland crystal-, Priestley, p. 56 i. Lecit. Rochon s’est servi avantageusement du crystal de roche.Son micromètre est composé de deux prismes de crystal de roche,de même angle, et par conséquent dont la double réfraction estla même, et dans tous les cas proportionnée à sangle réfrin-gent des prismes. Par la position respective de ces prismes, ilobtient des spectres qui s’écartent ou se confondent, selon lasomme ou la différence de ces angles. 11 ne s’agit donc plusque de détruire l’effet qui résulte de la forme prismatique dechaque prisme, sans diminuer cette double réfraction si favo-rable à la mesure précise des angles, et rien n’est plus facile,en appliquant à chaque prisme de crystal de roche, un prismede verre de France, qui, comme on sait, peut dans tous lescas, anéantir les couleurs, et par conséquent la confusion quien est une suite. Le cit. Rochon employa donc un prisme deverre de France, de même angle, adossé à celui de crystal, demanière que l’angle de l’un répondoit à la base de 1 autre,c , e qui lui lit obtenir une double réfraction parfaitement dis-tincte et sensiblement exempte de couleurs, telle eaíin qu’onpeut la desirer.