DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. II. 5 9 5
ses prétendues découvertes sanctionnées par le jugement d’unecompagnie savante. II engagea M. le duc de Villeroy à remettreà l’académie de Lyon , dont il étoit protecteur , une médailled’or de 3 oo liv. pour un prix extraordinaire qu’elle devoit dé-cerner au meilleur mémoire sur cette question : « les expériences» sur lesquelles Newton établit la dit té rente réfrangibilité des» rayons hétérogènes, sont-elles décisives ou illusoires » ? Marat,qui probablement avoit fourni l’argent, comptoit remporter leprix, il cabala long-temps pour que l’académie jugeât en safaveur; mais ellen’entra pas dans ses vues; ses commissaires furentsourds aux préventions qu on tâcha de leur inspirer, et après unediscussion approfondie, cette société, dans son assemblée du17 août 1776, accorda le prix à un mémoire dont l’auteur étoitle cit. Flaugergues, astronome de Viviers, aujourd'hui associéde l’Jnstitut , et l’accessit à un autre mémoire composé parM. Brugmann , professeur de philosophie et de mathématiques àGroningue, tous deux défenseurs de la théorie newtonienne : leconcours avoit produit huit mémoires, quatre pour et quatrecontre cette théorie.
L’ouvrage de Marat contient un grand nombre d’expériences,mais qui étoient déjà presque toutes connues, et qui, dans laréalité, confirment la théorie de Newton sur les couleurs : si lesrésultats de quelques-unes de ces expériences paroissent infirmercette théorie, cela vient du peu de soin de l’auteur, qui, aulieu d’opérer, comme Newton, dans une chambre soigneuse-ment fermée à toute lumière, excepté celle du faisceau qu’ilanalysoit, s'étoit plu au contraire à introduire la lumière parde larges ouvertures ; ensorte que les effets appartenans au fais-ceau de rayons sur lequel il opère , se trouvent compliqués avecceux qui sont produits par la lumière étrangère , de manière à nepresenter qu'un résultat douteux et incertain. Le phénomènedes ombres colorées dont nous avons parlé cidevant a fourniencore aux illusions de fauteur, qui ne savoit pas le distinguer,le séparer des autres phénomènes.
Les principales assertions de Marat sont, ,i°. qu’il n’y a quetrois couleurs primitives, le rouge, le jaune te le bleu : sur cepoint, il n'est que f écho de Gauthier d’Agoty ; 2?. que les cou-leurs, dans f expérience ordinaire du prisme, sont produites parla déviation des rayons sur les bords du trou du volet, ou enpassant par des inégalités du prisme ; 3 °. que tous les rayonssont également réfrangibles ; 4°* enfin, qu on ne peut décom-poser la lumière par le moyen de la réfraction, et pour prouverune assertion aussi étrange , il propose de faire tomber sur unprisme la pointe du cône réfracté par une lentille, et de recevoirles rayons réfractés par ce prisme sur un carton où ils formeront
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