7 ,g HISTOIRE
élevée de manière à produire tout autour une intumescence Jou une nouvelle onde qui se propage ensuite circulairementcomme la première; et cet effet se répétant ainsi plusieurs fois,la surface de l’eau se trouve divisée en un grand nombre decercles concentriques successivement élevés et abaissés K qui ontpu donner l’idée du mouvement ondulatoire telle qu’on l’a eue,idée qu’on a cru confirmée par l’observation de certaines ondesqui, dans les rivières rapides, ont réellement un mouvementde translation en montant et en descendant alternativement:mais ces ondes n’ont lieu que dans les endroits où le fond dela rivière est inégal et couvert de creux et d’éminences , etalors ces prétendues ondes ne sont qu’une suite du mouvementque prend í’eau en coulant sur ces inégalités.
II étoit aisé , d’après ce que nous venons de dire, de déter-miner la figure d’une onde. Le cit. Flaugergues en donne l’é-quation, ainsi que celle de la courbe que décrit le centre degravité d’un vaisseau par le mouvement des ondes.
L’égalité de vitesse des ondes grandes ou petites qu’on déduitde la théorie précédente, a été confirmée par l’expérience sui-vante. II a mesuré sur le bord d’une branche du Rhône , dontl’embouchure étoit fermée, de sorte que l’eau y étoit dormante ,une longueur de trente pieds. II a fait jeter ensuite, dans cetteeau, par un temps calme , de petites pierres vis-à-vis d’unedes extrémités de cette longueur. II a observé que les ondesgrandes et petites , que le choc de ces pierres faisoit naître surla surface de l’eau, employoient toutes les mêmes temps , c’est-à-dire , à-peu-près vingt-une secondes pour parvenir à l’autreextrémité de la longueur mesurée.
La Grange, dans sa Mécanique analytique , a essayé dedéterminer la vitesse des ondes dans un canal, et il trouve qu’elleest la même que celle qu’un corps grave auroit en descendantd’une hauteur égale à la moitié de la profondeur de l’eau dansìe canal.
Par conséquent, si cette profondeur est d’un pied , la vitessedes ondes sera de 5,495 pieds par seconde ; et si la profondeurest plus ou moins grande, la vitesse des ondes variera en raisonsousdoublée des profondeurs, pourvu qu’elles ne soient pastrès-considérables. Au reste, quelle que puisse être la profon-deur de l’eau et la figure du fond , on pourra toujours employerla théorie qu’il indique , si l’on suppose que dans la forma-tion des ondes l’eau n’est ébranlée et remuée qu’à une profondeurtrès petite, supposition qui est très-plausible en elle-même , àpause de la ténacité et de l’adhérence mutuelle des particulesde l’eau , et que l’on trouved’ailleurs confirmée par l’expérience,même à l'égard des grandes ondes de la mer, comme on le verra