DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. IV. 7 3 î
autant d’effet, ou feroit autant de travail que quatre hommesmontant à dos le même poids. Cette observation est de la plusgrande importance pour diriger les mécaniciens dans la cons-truction des machines destinées à être mues par des hommes,dont il faut toujours que les forces soient employées de la ina-nièse la plus avantageuse pour l’effet utile.
Coulomb a ensuite cherché à comparer la quantité totale d’ac-tion que les hommes peuvent fournir en montant librement unescalier, avec celle qu’ils produisent en agissant sur la sonnette ,sur la manivelle, et il a trouvé que l’homm,e qui montoit libre-ment un escalier, pouvoit produire au moins deux fois plus detravail que dans les autres moyens d’einployer ses forces. Lesexpériences qui ont fourni de bases à dévaluation de la quantitéd’action de la sonnette et de la manivelle, ont toujours été faitesdans de grands atteîiers : il invite ceux qui voudront les répéter,s’ils n’ont pas le temps de mesurer les résultats après plusieursjours d’un travail continu, d’observer les ouvriers à différentesheures dans la journée, sans qu’ils sachent qu’ils sont observés. Onne peut trop être averti combien l’on rique de se tromper, en cal-culant, soit la vitesse, soit le temps effectif du travail, d’après uneobservation de quelques minutes.
Les résultats de tous les articles qui précédent, donnent desquantités d’actions beaucoup moins considérables que celles dontla plupart des auteurs font usage dans le calcul des machines ; maisils ne sont fondés presque tous que sur des expériences qui ontdure quelques minutes, et qui ont été exécutées par des hommeschoisis ; ils ont ensuite, d’après ces expériences, établi les calculs,en supposant sept à huit heures de travail effectif. Mais unhomme peut, dans presque tous les genres de travaux, fournirpendant quelques minutes une quantité d’action double et mêmetriple de son travail moyen, il peut même consommer tout sontravail journalier dans deux ou trois heures. C’est ce que l’onvoit dans l’articleoù les hommes qui montent le bois consommenttour leur travail journalier dans le temps où ils sont sous la charge,et ce temps ri est pas d une heure et demie dans la journée.
Le choix des hommes influe encore beaucoup sur dévaluationde leur force moyenne : notre habile ingénieur a suivi pendantdix ans des transports de terre exécutés par les troupes, et payés,comme on le disoit alors, à la toise cube ; il faisoit le toisé toutesles quinzaines, et il trouvoit presque toujours que les ateliers degrenadiers avoient gagné un tiers en sus des autres compagnies,et souvent le double des foibles ateliers. S’il avoit déterminé la.° [ ce moyenne de tous les individus qui formoient batelier desgrenadiers , il l’auroit trouvé d’un tiers plus grande que la forcemoyenne des autres ateliers ; il est vrai, et c’est une remarque
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