DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. IV. 7 33«n très-grand avantage, pour pousser en avant ; mais selon De-parcìeux, cet Académicien n’a pas été bien entendu , et c'estparticulièrement pour supléer à ce que Lahire avoit dit sur cesujet, que Deparcieux entreprit d’examiner cette matière.
Lorsque nous ne considérons les effets que superficiel-lement, il nous paroissent faciles à expliquer; il semble quenous pouvons rendre raison de tout ce qui s’y passe ; mais dèsque nous voulons les approfondir, ce qui nous avoit paru simple,nous paroît très-composé , et ce que nous avions cru aisé à expli-quer, nous paroît fort difficile? ; à-peu-près comme quand nousvoyons un objet de loin , nous croyons d’abord en saisir la formeet les contours, et nous sommes tout étonnés de nous être gros-sièrement trompés lorsque nous le voyons de près. Un hommetire un fardeau, des chevaux traînent une voiture; il sembled’abord clairement que l’un et l’autre ne produisent le mouve-ment du corps qu’ils traînent que parce que portant leur masseen avant en conséquence de faction de leurs muscles , cettemasse étant avancée, le fardeau qui la suit doit avancer pareil-lement.
Cependant ce n’est point ainsi que cela se fait ; selon Depar-cieux, l’homme et le cheval ne tirent que par leur poids, oupar leur pesanteur, et l’effort de leurs muscles ne sert qu’àportersuccessivement leur centre de gravité en avant, ou à produirecontinuellement le renouvellement de cette action de leur pesan-teur : on convient assez que c’est ainsi que se fait faction del’homme pour tirer ; mais pour le prouver , par rapport aucheval , Deparcieux commence par démontrer que réellementl’homme qui tire un fardeau , n’agit que par son poids : il faitvoir que par l’attitude que tous les hommes prennent en tirant,ils tendent constamment à diminuer le levier par lequel agit ourésisté le poids qu’ils veulent tirer, et à augmenter la proportionqui est entre ce levier et celui par lequel tend à descendre leurcentre de gravité. On volt clairement par-là que c’est par factiondu poids de l’homme que se fait sa traction , puisque plus cepoids agit avec avantage contre f’obstacle qui résiste, par la posi-tion que fhomme prend, plus il a de force pour surmonter cetobstacle ; mais si l’on suppose maintenant qu’il se baisse, l’avan-tage avec lequel il agira, augmentera à mesure qu’il s’incli-nera , et il sera l e plus grand possible , lorsqu’ii posera les mainspar terre. Or, ce cas est précisément celui du cheval : donc lecheval agit comme l’homme par ía pesanteur de sa masse, entout ou en partie.
Deparcieux cite plusieurs expériences, pour faire voir quequoique cette opinion paroisse contraire aux notions communes,elle n’en est pas moins certaine ; il prouve qu’aussitôt que le