8i8 HISTOIRE
vingt cinq à vingt six tours dans une minute. C’est le mouve-ment qu’il a conservé ci-devant pendant deux mois, dans unechambre cachetée, dans laquelle il étoit impossible qn’il y eûtaucune fraude. Le prince lit ouvrir la chambre , et arrêter lamachine après ce temps-là ; car, comme ce n’est qu’un essai ,elle n’est pas assez forte pour que les matériaux ne s’usent paspar une longue agitation.
Le landgrave a été présent à l’examen que j’ai fait de la ma-chine. J’ai pris la liberté de demander an prince qui a vu 1 in-térieur du tambour, si lorsque la machine a été agitée pendantun certain temps, rien n’étoit changé dans l’intérieur ; commeaussi s’il n’y avoit pas quelques pièces dans lesquels on pourroitsoupçonner de la fraude ; le prince m’a assuré que non , et quela machine est fort simple (•). Vous voyez monsieur, que jeJl’en ai pas assez vu par moi-mêrne pour assurer que j’ai unedémonstration , que dans cette machine le principe du mou-vement, qui est certainement dans le tambour, soit tel qu il lefaut pour rendre le mouvement perpétuel; mais aussi je croisqu’on ne sauroit me nier d’avoir des présomptions fortes enfaveur de l’inventeur. Le landgrave a donné une récompensedigne de sa générosité à Orf'fyreus , alin de voir le secret dela machine, avec promesse de ne se point servir du secret,ni de le découvrir avant que fauteur en eût retiré encore d’autresrécompenses pour rendre son invention publique. Je sais très-bien monsieur, qu’il n’y a que l’Angleterre où les sciencesfleurissent assez pour faire trouver à fauteur une récompensedigne de son invention. II s’agit simplement de la lui assurer, encas que sa machine soit un véritable mouvement perpétuel,l’auteur ne dernande à toucher l’argent qu’après que la machineaura été examinée en dedans : on ne sauroit raisonnablementexiger cet examen avant la récompense promise. Comme il s’agitd’une chose utile au public, et à l’avancement des sciences,de découvrir l’invention ou la fraude , j’ai cru que cette relationne vous seroit pas désagréable.
On fut fort étonné que ce célèbre physicien trouvât que lemouvement perpétuel n’étoit pas démontré impossible : aprèsdivers raisonnemens, pour tâcher de le prouver, il finit par dire :il seroit à souhaiter que la forte persuasion dans laquelle sonttes mathématiciens , touchant cette impossibilité, ne les em-pêchât pas de faire une attention sérieuse à une machine aussiétonnante qu'est celle de Cassel. Une roue dont le principe dumouvement est intérieur, qui se met en mouvement parle moindre
(1) Comment le charlatan n’eu auroit-il pas imposé au prince',, puisqu’il»-n imposoit au physicien )