DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. V. 9
Cette atmosphère solaire et lumineuse qui s’étend jusqu’à la terre,la cause des aurores boréales, il a examiné avec plus de dé-tail , que personne , la nature et les phénomènes de la lumièrezodiacale.
La Lune nous intéresse a tant de titres , que quoiqu’e 11cède en grandeur et en importance dans le système solaire àtoutes les planètes principales, elle a droit après le soleil denous occuper avant tout autre. Compagne inséparable de notreglobe, elle paroît destinée à nous consoler par sa lumière douceet tranquille de l’absence du soleil. C’est elle qui par son at-traction met en mouvement les mers, et peut-être empêche leseaux de ce réservoir de contracter des qualités nuisibles. Ellecontribue à ce mouvement continu de l’air qui règne entre lestropiques et qu’on connoît sous le nom de vent alise ; vent peut-être nécessaire pour porter au loin les vapeurs aqueuses desmers, et en féconder les continens, comme aussi pour balayerde ceux-ci les exhalaisons nombreuses et la plupart inéphytiquesqu’y élève une chaleur vive et constante.
Aussitôt qu’on parle de la lune comme objet d’astronomiephysique , plusieurs questions se présentent à l’esprit. Qu’elle estla nature de ce corps ? que sont ces taches que nous y apper-Cevons? ce globe a-t-il une atmosphère , et est-il habité ?
Sur la première de ces questions , il est aisé de répondre qu’ilsuffit d’avoir considéré la lune avec quelque attention et à l’aided’une lunette ou d’un télescope d’une certaine force , pour êtrepersuadé qu’elle est un corps assez semblable à celui de notreterre ; hérissé d’aspérités en forme de montagnes , la pluparttout à fait ressemblantes à celles que forment les cratères denos volcans , on remarque en effet dans la lune une ioule demontagnes en forme de pics, ayant au sommet une cavité fortressemblante à un cratère de volcan. Telle est sur notre terrel’aspect que présente une montagne volcanique. On voit ces picsjetter leur ombre sur le disque de la lune , du côté opposé à celuioù est la lumière du soleil, ct au contraire celle de la cavitédu même côté. On voit cette ombre diminuer à mesure que lalumière du soleil est moins oblique , et elle est projetée ensens contraire quand le soleil a passé du côté opposé.
Ces montagnes sont même relativement au corps de la lune ,beaucoup plus élevées que celles de notre terre. Galilée avoitdéjà trouvé par un procédé géométrique, que quelques-unesde ces montagnes avoien t jusqu’à trois milles et plus d’Italie, ouune lieu de hauteur. Hévélíus , dans sa Sélénographie , trouvaà peu près les mêmes résultats et donna les hauteurs de diversesmontagnes, qu’il évaluoit à 2640 toises; Herschel les réduit à i5oo.Les montagnes de la lune sont donc plus hautes que les nôtres àTome IV. B