Band 
Tome quatrième.
Seite
85
JPEG-Download
 

DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. V. 85aura clone par le calcul le plus simple, l’angle au sommet dutriangle, qui est l’angle A L B.

C’est d’après des raisonnemens semblables on équivalens,que vers le commencement de ce siècle , le baron de Krosigk,de Berlin, (mort en Hollande en 1714), entreprit de fairefaire avec une dépense de prince , les observations nécessairespour déterminer ainsi la parallaxe de la lune par une méthodedirecte, l e cap de Bonne-Espérance et Berlin lui parurent.leslieux les plus propres à remplir ses vues ; car il résultoit déjàde diverses observations , que ces deux lieux étoient à peu dechose près sous le même meiidien; et comme la latitude aus-trale du cap étoit de 33 ° 55 ' , et celle de Berlin , boréale ,de 62° 3iC II en résultoit une distance du sud au nord, de86° 26/ , la lune étant d’ailleurs toujours entre les zénits desdeux lieux, on pouvoit choisir des positions où elle fut très-haute pour l’un et pour l’autre , et conséquemment où la ré-fraction fût fort petite, ensorte qu’à tout prendre, si l’onconnnettoit quelque erreur sur sa quantité , elle ne pouvoit êtreque de quelques secondes : ainsi, l’on pouvoit avoir avec uneexactitude singulière , sangle cherché, duquel dépend la pa-rallaxe.

II choisit donc deux astronomes qui avoient été chacun pen-dant près de quatre ans, coopérateurs du célèbre Eiinart, astro-nome et artiste à Nuremberg; ce fut Pierre Kolbe et Jean-Guil-laume Wagner. Kolbe partit pour le cap de Bonne-Espéranceen 1705 , et Wagner se rendit à Berlin.

II faut rendre justice à Wagner, il remplit autant qu’il lepouvoit, sa mission en habile homme ; mais il n’en fut pas ainside Kolbe. II n’y íit presque aucune observation , et manquacelles qui étoient nécessaires pour établir exactement la lon-gitude et la latitude du cap de Bonne-Espérance ; il prétexta1 intempérie de Pair du pays, ainsi que le peu d'égards qu’on.avoit eu aux lettres de recommandation qu’il avoit apportées;mais on a su depuis qu’il n’avoit fait au cap qu’y mener lavie d’un paresseux , que prêt à retourner en Europe, il s’étoitmis à faire quelques observations précipitées et inutiles , et qu’ilavoit compilé à la hâte et sans choix, tout ce qu’on lui avoitdit sur le pays, les mœurs des Hottentots , etc : tels surent lesmatériaux de la relation en trois volumes qu’il publia sur lecap de Bonne - Epérance, et qui eut du succès, tant à causede la nouveauté du sujet, qu’à cause de quelques vérités dé-voilées sur le gouvernement de ce pays-là. La Caille a fait voirque cette relation étoit pleine de mensonges. ( Journal histo-rique du voyage fait au cap, Paris 1760.) Ce journal lut pu-blié par l’abbé Càrlier , auteur de P Histoire da Valois.