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Tome quatrième.
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9 8 HISTOIRE

Wardhus, rétablissement le plus septentrional des Européenssur la mer Glaciale. Tous les pays situés à droite ou à gauchede cette ligne , jusqu’à environ vingt-trois lieues , dévoient voirl’éelipse non centrale, à la vérité, mais la lune toute entièresur le disque du soleil; enfin, à Paris, on devoit voir la lunetoucher le bord intérieur du soleil.

On remarquera ici comme une singularité, que cette cartefut l’ouvrage de trois femmes ; les calculs , de madame Le-

E aute, élève du citoyen de la Lande ; la gravure, de madameattré, et les ornemens, etc. de madame Tardieu.

Parmi les écrits qui parurent à cette occasion , l’on doit uneplace à celui de l’abbé Béraud, ex-jésuite, qui continuoit dediriger l’observatoire de Lyon. 11 publia un Mémoire sur leséclipses annulaires du soleil , et particulièrement sur celledupremier avril 1764 : il fait honneur aux connoissances astro-nomiques de ce savant jésuite. (1)

Il y eut divers autres écrits sur cette éclipse , parmi lesquelsil y en a un, dont fauteur, prétendue dame Kraziowna, po-lonaise , paroît avoir eu pour objet , de jeter quelques vernisde ridicule sur madame Lepaute.

On ne doit pas , au surplus, imputer aux astronomes la fausseannonce qui fut insérée par erreur dans la Gazette de France,et d’après laquelle il devoit y avoir vers les dix heures du matinune obscurité totale ; on en peut voir la preuve dans l’astronomiede la Lande.

On présume bien que tous les amateurs de l’astronomie sepréparèrent à l’observation de cette éclipse; elle fut en effetobservée dans tous les lieux où se trou voient des astronomes.Louis XV qui, comme tout le monde sait, aimoit l’astronomie,voulut l’observer à Belle-Vue , où il manda M. Lemonnier. Ja-mais éclipse n’avoit été autant observée , et Duséjour rassemblatoutes les observations , les calcula, les discuta , et en tira desconséquences intéressantes qui font une partie considérable deson grand ouvrage. Traité analytique des mouvemens célestes .

Les calculs des éclipses, pour un grand nombre d'années,ont toujours intéressé les astronomes et même les princes. Lepère Verbiest, jésuite, et président du tribunal des mathéma-tiques de Pékin, sachant que l’empereur Kang Hi desiroit uncatalogue des éclipses qui dévoient arriver pendant quelquessiècles, les calcula pour plus de deux mille ans, à compter del’année r 683; c’est ce qu’il nous apprend lui môme dans son livreintitulé, dstronomia Europe a jussu ìmperatoris Kang-Iii , &c.■Mais cette série d’éclipses ne se trouve que dans le livre clii-

0) Montucla et la Lande avoient été ses disciples.