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HISTOIRE
X.
Usage des éclipses pour trouver les longitudes géographiques.
On n’a connu, dans les commencemens de l’astronomie ,qu’un seul moyen de déterminer les différentes longitudes deslieux de la terre. C’étoit l’observation de la différence des tempsobservés dans divers lieux, entre le commencement ou la lind’une éclipse de lune. Mais à mesure qu’on a recherché plusd’exactitude, on n’a pas tardé de remarquer que ce moyenprésentoit encore des difficultés , sur tout celle de déterminerle vrai commencement ou la vraie fin d’une pareille éclipse.Cela vient de ce que sombre de la terre n’est point tran-chée, à cause de la pénombre, ou des parties de la lune quine sont éclairées que par une portion du soleil, et de l’atmos-phère de la terre, qui disperse les rayons rompus dans cetteatmosphère, ensorte que ce n’est que par des degrés presqueinsensibles que se fait le passage de la pénombre à sombre vé-ritable.
Si l'on ajoute à ces causes d’indétermination de l’entrée de lalune dans l’ombre , celle qui résulte de la différence des vueset des forces des instrumens employés aux observations, onreconnoîtra aisément qu’avec toute l’attention et l’adresse quedeux astronomes peuvent mettre en usage, il peut facilementrésulter de ce moyen d’observer les longitudes, une indécisiond’une minute de temps : or, une erreur d’une minute de tempsen occasionne une d’un quart de degré sur la longitude , ceque les astronomes et même les géographes modernes regardentcomme une erreur grossière.
Les observations des satellites de Jupiter sont à la vérité ve-nues en quelque sorte au secours des astronomes et des géo-graphes ; mais ce nouveau moyen a aussi ses indécisions et sesinconvéniens. Les satellites n’entrant dans l’ombre que par de-grés et lentement, on les perd de vue plus tard ou plutôt, selonqu’on est doué d’une vue plus ou moins perçante, et selon qu’onemploie un instrument plus ou moins parfait. La hauteur plusou moins grande de Jupiter doit encore occasionner à cet égardune inégalité, par l’aífoiblissement qu’éprouve la lumière d’unastre près de l’horison r ainsi, de deux observateurs en deuxlieux différens , l’un qui observera l’immersion d’un satellite,Jupiter étant fort élevé, la verra plus tard que 1 autre, pourqui en ce moment Jupiter seroit voisin de son lever ou de soncoucher.
Ces motifs ont fait chercher aux astronomes des moyens plus