DES MATHÉMATIQUES. Part. V. I-tv. V. io 5taetur qui observe le passage de Vénus d’un lieu tellement situé,que l’entrée et la sortie arrivent à-peu-près à la même dis-tance de midi, le mouvement de ce spectateur occasionné parle mouvement de la terre, et qui se fera en sens contraire decelui de Vénus, raccourcira la durée de sa demeure sur ledisque du soleil, d’un peu moins que le double du temps queVénus employeroit à parcourir par son mouvement propre unarc égal à sa parallaxe. Halley trouvoit onze minutes ; mais sil’on observe le passage de Vénus d’un lieu tel qu’on aperçoiveson entrée sur le disque du soleil vers son coucher, et sa sortievers son lever, ce qu’il pensoit pouvoir se faire en quelqueslieux de l’Amérique septentrionale, le mouvement de Vénussur le soleil sera retardé à l’égard de l’observateur terrestre ,dont le mouvement se fera vers le même côté, et ce retarde-ment prolongera le passage entier de six minutes de plus, quesi cet observateur, placé au centre de la terre eût été immo-bile. Ainsi, voilà dix - sept minutes de différence entre lesdurées du passage pour deux lieux. Cette différence, observéeavec soin , pouvoit indiquer la parallaxe, de manière que Ter-reur n’excéderoit pas un cinq centième ; l’expérience a faitvoir que c’étoit à un centième que Ton pouvoit s’en assurer.La réputation de Halley ne permit pas , dans le temps , d’exa-miner à fonds ses raisonnemens et les calculs sur lesquels il étoitappuyé. Le phénomène attendu étoit encore bien éloigné, etles astronomes se bornoient à Tattendre avec impatience ; maislorsqu’aprocha Tannée 1761, ils commencèrent à songer sérieu-sement aux moyens de rendre cette observation aussi utile àTastronoinie qu’elle le pouvoit être. Joseph Delisle, qui avoitcoutume de publier, à faproche de chaque phénomène inté-ressant, quelqu’écrit toujours aussi savant que clair et métho-dique, fit tous les calculs nécessaires, et publia une carte, oùTon voyoit tous les pays dans lesquels on pouvoit faire, avecavantage cette curieuse observation , et Ton en profita , commele citoyen de la Lande Ta raconté fort au long dans Y Histoiretie L’Académie pour ijôj, page 83 et suiv. Nous allons endonner un extrait.
Legentil partit pour les Indes dès Tannée 1759 ; il y avoit,dans tous les cas, un avantage manifeste à se transporter enun lieu où Ton verroit certainement la durée entière de cepassage , où Ton trouveroit un terme de comparaison pour toutesles autres observations, où Ton verroit le milieu du passagearriver presque au zénith, ou l’on auroit enfin plus d une occa-sion de faire pour Tastronoinie et la géographie , d’utiles ob-servations.
L'académie de Pétersbourg , chargea au mois de mars 1760,Tome IV. O