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Tome quatrième.
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ïo/j HISTOIRE

toyen de la Lande en a déduit des tables d’une singulière pré-cision. On peut voir, dans son astronomie , la table de tous lespassages de Mercure, depuis i6o5 jusqu’à 1894.

Les passages de Vénus sur le soleil, sont d’une toute autreimportance, mais ils sont bien plus rares ; on en trouve une tabledepuis 90a jusqu’à 2984 dans l’astronomie du citoyen de laLande.

Il est peu de phénomènes qui aient été attendus avec autantd’impatience, et observé avec plus d’appareil, que le passagede Vénus sur le disque du soleil, du 6 juin 1761, au matin,et ensuite celui du 3 juin 1769 , au soir. Horox, et son amiCrabtrée , avoient été jusques-là les seuls mortels qui eussent vuVénus dans cette circonstance , et Horox s’étoit servi de cetteobservation pour rectifier en quelques points la théorie de Vénus ;mais ses papiers ayant restés enfouis pendant plus de vingt ansaprès sa mort, il n’avoit pas même résulté pour l’astronomiecet avantage de ses observations : ce ne fut que vers 1678 qu’ellesfurent connues.

On savoit cependant dès-lors , car Kepler l’avoit annoncé,que ce phénomène ne pourroit être revu au plutôt qu’en 1761.On devoit l’attendre avec empressement, vu l’imperfection del’observation d’Horox ; car il ne put voir, à cause de sa po-sition, Vénus sur le soleil, que pendant fort peu temps avantson coucher. Le citoyen de la Lande a fait voir que cette obser-vation étoit insuffisante actuellement. Mais cet empressementfut bien augmenté par l’usage dont Halley montra en 1677 ,1791 et 1716 , que le passage de Vénus sur le soleil pouvoitêtre, pour déterminer avec plus d’exactitude , que par tout autremoyen , la parallaxe du soleil ou sa distance à la terre, delaquelle dépendent toutes les dimensions de notre système; caron connoissoit bien avec une exactitude suffisante , les rapportsrespectifs de ces distances; mais les distances elles-mêmes n’étoientcalculées que d’une manière fort incertaine. Cassiniavoit,par desobservations de Mars , trouvé la parallaxe horizontale du soleilde 10" , et l’on avoit trouvé plusieurs fois le même résultat. Maisles observations étoient si délicates, qu’on pouvoit, sans fairetort à Cassini, douter encore de leur résultat, à une ou deuxsecondes.

J’ai dit que Halley remarqua le premier l’avantage des obser-vations de Vénus , lors du passage qui devoit avoir lieu en 1761.Voici le fonds de son raisonnement.

La distance de Vénus à la terre, au moment de sa con-jonction inférieure avec le soleil, n’est que le tiers environde la distance du soleil, d’où il suit que sa parallaxe est alorstriple de celle de cet astre. Qu’on suppose à présent un spec-tateur