DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. V. 107allé déja en 17^4, dans l’espace de vingt-cinq jours, en traî-neau. Tout cela annonçoit beaucoup de facilité pour Chappe,et justiíioit le choix qu’on avoit fait de cette ville , pour y ob-server le passage de Vénus.
A l’égard de l’observateur , Chappe s’étoit fait connoître avantson entrée dans l'académie, par un long travail géographiqueentrepris par ordre du Roi, dans les environs de Bitche, parune très bonne édition des tables astronomique deHalley, avecdes additions, et mêrae par des observations d’histoire naturelle.
Pingré, plus ancien dans l’académie, étoit encore plus an-ciennement connu par les savans et pénibles calculs de l’étatdu ciel, ouvrage qu’il avoit donné pendant plusieurs années.Depuis ce temps-là, une multitude d observations et de mé-moires astronomiques donnés à l'académie , un grand traité surles comètes, dont il préparoit l’irapression, a voient appris àl'académie , combien il étoit digne de la con li an ce du minis-tère et des savans, dans une affaire importante qui exìgeoit unastronome laborieux et consommé ; les supérieurs de la con-grégation de France voulurent bien s’en priver pour quelquetemps.
L’île Rodrigue, pour laquelle Pingré partit au mois d’octobre1760, étoit cultivée par vingt nègres, sous le commandementd’un officier ; on y ramasse beaucoup de tortues de terre , etl’on y va fréquemment de l’île de France et de l’île de Bourbon.Suivant le calcul de Cassini deThury, le contact intérieur deVénus a son entrée sur le soleil, devoit y arriver une de.rni-heure après le lever du soleil ; en sorte que Pingré pouvojtespérer d’avoir dans cette île une observation complète , l’entréeet la sortie : et comme nous Pavons dit, c étoit une des prin-cipales considérations qui avoient déterminé le choix de 1 îleRodrigue. Une entreprise aussi pénible, aussi dangereuse, neparut à Pringré qu’un voyage agréable ; il se préparoit à partirseul, sans demander que personne allât partager ses travaux.L’académie le prévînt, et toujours secondée avec une générositéet une confiance digne des lumières des ministres, elle obtintaisément que Pingré auroit pour adjoint Thuilier, qui s’exerçoitdepuis quelque temps aux observations astronomiques, et quisollicitoit cet emploi comme une occasion de faire connoîtreses talens et son zèle.
Dans le temps où l’on parloit encore des premiers projetad’un voyage en Afrique, il fut aussi beaucoup quesdon de lamer du Sud, où il eût été utile de pouvoir observer le passagede Vénus. Le citoyen de la Lande insista beaucoup à ce sujet,dans son mémoire du 14 mai 1760 ; mais il avouoit que les îlesétoient mal connues et si peu fréquentées, qu’on ne pouvoit