DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. VI.- 157mais sont rapprochés et infléchis par l’attraction de l’atinosphèrequi environne la terre. Ainsi nous ne voyons jamais les astresprécisément à leur place ; mais nous les rapportons au lieu oùarriveroit, étant prolongé directement, l’extrémité du rayon quipénètre dans notre œil. II est donc nécessaire de corriger cetteerreur pour déterminer le vrai lieu où l’astre se trouve au mo-ment ou on l’observe; et c’est un objet qui a occupé aveohaisonun grand nombre d’astronomes et de géomètres.
Nous avons dit ailleurs, t. x. page 3 x2. , que Ptolémée a re-connu la réfraction astronomique. C’est ce qui résulte claire-ment du témoignage de Roger-Bacon qui avoit vù son optique.Mais depuis l’impression de notre premier volume, le ci t. Caussinqui a été garde des manuscrits de la bibliothèque nationale ,y a trouvé en i 3 oo l’optique de Ptolémée, n°. ydxo in-folio.Du moins on y trouve ce titre : Liber Ptolemei de opticis , siveaspectibus , translatas ab Ammiraeo Eugenio , siculo , de aia~bico in latinum. Le citoyen Caussin en a tiré un passage , serrnoquintus , fol. y4* verso , où il est dit que les choses qui se lèventet se couchent déclinent plus au septentrion que quand ellessont au milieu du ciel, et que pour les astres qui paroissent tou-jours, la distance au pôle septentrional est plus petite lorsqn’ilssont dans le méridien vers l’horizon que quand ils approchentdu point qui est sur notre tête, ce qui arrive à cause de la flexiondu rayon produite par la surface qui sépare Pair et l’éther.Cela donne lieu de croire que cet ouvrage est postérieur à l'AI-mageste de Ptolémée qui fut terminé vers l’an 141 , et où l’onn’apperçoit aucune trace de ce phénomène. Les opticiens dumoyen âge,vers l’an 1100, Alhazen et Vitellion parlent expres-sément de la réfraction, et c’étoit d’après Ptolémée ; mais Allia zendonne une preuve de justesse d’esprit en n’attribuant point àla réfraction la distance en apparence augmentée des astres versl’horizon, mais à un jugement de l ame comme on le fait ac-tuellement.
Cependant les astronomes ne firent aucun usage de ce germede connoissance jusqu’à VKalther , le disciple de Régiomon-tanus; il est le premier qui en ait fait mention comme l’ayantap-perçue par les observations faites près de l’horizon. Tycho-Brahén’y fit long-temps aucune attention, mais enfin il sentit la né-cessité de cette correction , ce|xendant il Sacrifia encore au pré-jugé , en pensant qu’à 4^° d’élévation sur l’horizon elle n’étoitplus sensible. La réfraction est cependant encore à cette hau-teur d’une minute et quelques secondes. Mais dans ce tempslà on ne pouvoit encore s’assuref d une si petite quantité.
Une autre erreur dans laquelle furent penchant quelques tempsles astronomes du dernier siècle, c’est que la réfraction k média