Band 
Tome quatrième.
Seite
128
JPEG-Download
 

128 HISTOIRE

hauteur est plus grande pour un astre plus voisin de la terreque pour un plus éloigné , quoique ce soit la même chose.

Si ['atmosphère étoit terminée par une surface faisant la sé-paration dn milieu dense et réfractif, et du vide qui est au-delà ,et que cette surface fût plane ; la loi suivant laquelle croîtroitla réfraction seroit facile à déterminer; car alors le sinus del’angle rompu seroit toujours en même raison avec celui d’in-clinaison , ou de la distance de l’astre au zénit. Connoissantdonc, par exemple, quelle réfraction éprouve un astre à la hau-teur de 3o°. au-dessus de l’horison , ou à 6o°. du zénit, on auroitpar une simple proportion le sinus de l’angle de distance ap-parente au zénit, répondant à une autre distance donnée, con-séquemment les angles eux-mêmes; et ôtant le moindre duplus grand, la différence seroit la réfraction.

Mais il n’en est pas ainsi dans la réalité ; l’athmosphère n’estpas terminée par une surface où s’opéreroit la réfraction , et cettesurface si elle avoit lieu ne seroit pas plane; conséquemmentla règle ci-dessus n’a pas lieu. L’atlimosplière terrestre diminuede densité à mesure qu’on s’élève au-dessus de la terre, et lerayon de l’astre ne nous arrive que par une courbe de plus enplus infléchie à mesure qu’elle approche davantage de la terre.II a donc fallu recourir à d’autres moyens pour déterminer etcalculer la réfraction pour chaque hauteur au-dessus de l’horizon.

Une autre considération vient encore augmenter la difficulté.D’après les raisons que nous avons dites plus haut, la réfractiondoit être plus grande à mesure qu’on est plongé plus profon-dément dans le milieu qui l'opère ; elle sera moindre an contrairequand on sera plus élevé comme sur une haute montagne.La chaleur ou la température de l’air\en rendant le mi lie nplus dense ou plus rare, doit produire aussi une différence,en sorte que dans le même lieu et dans le même jour il peuty avoir des variations dans la quantité de la réfraction. II afallu avoir égard à toutes ces circonstances , c’est cc qu’on afait dans ce siècle-ci, et c’est ce qui a rendu pendant tant d’an-nées cette théorie fort imparfaite.

En effet, depuis Tycho jusqu’à Dominique Cassini la théoriedes réfractions fit peu de progrès, Cassini sentit son imperfec-tion et s’occupa à la rectifier ; ce qu’il fit dans ses deux opus-cules imprimés à Bologne en i665 et 1666, l’nne intitulée:Epistola ad Geminianum Montanari de rejractionum celestiummethodo ; et f autre, De solaribus hyp ot b eSL ^ lLS f ^ refractio-nibus epistolae ò.W y démontre tant par 1 observation que parle raisonnement la nécessité d admetre une réfraction jusqu auzénit où elle est nulle, et il donne une table des réfractionsfondée sur ces principes. Arrivé en France il travailla à per-fectionner