i 3 o HISTOIRE
artifice semblable que Dominique Cassini calcula sa première
table de réfraction.
Voici maintenant comment on pourra rectifier la hauteur dupôle. Supposons^ qu’on l’ait observée de 45°. au moyen de l’étoilepolaire , où il y a une erreur d’une minute environ, ou une er-reur quelconque ; car on l’ignore encore. Soit une étoile passantà 5° du zénit du même lieu, elle sera conséquemment éloignéedu pôle de 40°. On cherchera le moment auquel cette étoile pas-sera précisément à /^5° de hauteur ; et si par l’observation l’ontrouve 45°. \ f \o" ; ce sera une preuve qu'à 4 5°. de hauteurl'effet de la réfraction est de i' 10".. et conséquemment quela hauteur du pôle n’étoit pas ^5° mais 49 0 . 58' 5o " , d’oùl’on conclura la distance corrigée de l’étoile au pôle de 4°°*i f 10 ". Supposant donc maintenant cette hauteur du pôle etcette distance de l’étoile, et refaisant les mêmes qalculs on auraencore une correction , qui donnera à quelques, secondes prèsla hauteur véritable du pôle dégagée de la réfraction, ou lepremier élément du calcul et de 1 opération ci-dessus.
Lacaille voulant établir les élémens de la théorie du soleil avecplus d’exactitude que l’on n’avoit encore fait, ne pouvoit sed spenser d’y faire entrer la théorie de la réfraction. II s’en esteffectivement occupé, vers iy5o, avec une sagacité et une assi-duité auxquelles on ne peut rien ajouter, en multipliant les ob-servations et les différentes méthodes , et en les vérifiant les unespar les autres. Ce travail lui apprit que la réfraction est fortvariable dans les six premiers degrés de hauteur, en sorte qu’onne peut guères compter sur 1 exactitude des observations faitesdans cette étendue du ciel. II y fait au surplus la réfractioncomme Cassini de Ò 2 . f 20" , mais à 4^° il l’a fait un peu plusgrande, savoir de d 6". Nous ne croyons pas devoir entrerici dans de plus grands détails sur ce travail curieux de Lacaille ,on peut consulter son livre intitulé : Astronomiœ fondamenta&c., ainsi que les Mémoires de 1 y55.
Mais nous remarquerons que l’observation pure et simple estinsuffisante pour déterminer la réfraction à de grandes hauteurs,car quand cette réfraction n’est plus que de quelques secondes,il y auroit sans doute de la témérité à entreprendre de la dé-terminer directement. C’est le cas de toutes les hauteurs quiexcèdent 46 à 5o°. Et à l’égaid des hauteurs moindres, il seroità-peu-près impraticable d’obtenir les réfractions pour chaquedegré de hauteur. Les erreurs même des observations, en lessupposant seulement de quelques secondes, y jetteroient tropd’ir régularité, on a donc recouru au second moyen que voiçi.
On s’est procuré par des observations réitérées et faites avectout le soin possible les réfractions pour un certain nombre