i5o HISTOIR E
pour servir aux mesures trigonométriques ; mais on s’étaittrompé : il íallut chercher ces points fixes dans le continent etau de'à de Tornéa , petite ville située au fond du golfe; il fallut,cn un mot, s’enfoncer dans la Laponie, en remontant vers lenord. Heureusement il se trouva à droite et à gauche du mé-ridien des montagnes assez bien situées pour y établir les si-gnaux nécessaires. On ne saurait trop admirer le zèle et 1 espècede dévouement avec lesquels ces mathématiciens surmontèrenttous les obstacles qui s’opposaient à leur dessein. On les vittraverser à pied des foiêts épaisses, où les hommes n’avaientpeut-être jamais pénétré; escalader les montagnes les plusescarpées, et y séjourner des semaines entières , malgré les plusgrandes incommodités ; mais que ne peut l’arnour de la gloireet des sciences. Soixante - trois jours de pareilles fatigues lesmirent eu possession d’nne suite de triangles les mieux con-ditionnés qn’ils pussent desirer, et qui s’etendaient d’envíronun degré, depuis Tornéa, sous le soixante - cinquième degrécinquante - une minutes de latitude, jusqti’à la montagne deKittis, au-delà du cercle polaire, où était le dernier signal. Onfit ensuite à Kittis les observations nécessaires pour déterminerl’amplitmle de l’arc, compris entre les parallèles extiêtnes decette suite de triangles. On se servit, pour cet effet, d’un ex-cellent secteur de neuf pieds de rayon , ouvrage du célèbreGraliam , rectifié par cet habile artiste, et que pour prévenirles dérangemens, on fit toujours porter dans sa boëte ou en bateauou sur des brancards. A l’aide de ce secteur, on observa ladistance du zénith de Kittis à l'étoile eP du dragon, et aussitôtqu’on eut un assez grand nombre d’observations réitérées , dontles plus éloignées ne diffèrent pas de trois secondes , on re-tourna à Tornéa pour y faire de pareilles observations. On lesobtint pendant le mois de novembre , et le milieu entre toutesces observations, dans la comparaison desquelles on eut égardà tous les petits changepiens réels ou apparens, comme le mou-vement propre , la mutation et 1 aberration donna pour l’ampli*tude de Tare céleste compris entre les deux observatoires, laquantité de cinquante sept minutes vingt-sept secondes On nese borna pas là. On observa aussi à Tornéa l’étoile * du dragon,et les premières rigueurs de l’hiver étant .passées » on retournaà Kittis pour y observer la même étoile. Èn prenant un milieuentre toutes I s observations , on détermina 1 amplitude de l’arcdont il s’agit, de b']' 3 o" ^ ; de sorte que si 1 on prend un mi-lieu entie le-, résultats de ces deux déterminations , on aura pourCette amplitude 5y r ' 28 "
Tout 1 ouvrage était ainsi arrêté vers la lin de novembre, sansqu’on sût encore quelle figure il donnerait à la terre. II restait