DES MATHÉMATIQUES. Patît. V. Lxv. VI. i 5 ipour cola à connaître en toises la distance entre les parallèles(le Kittis et de Tornéa, déja mesurée astronoiniquement. Cetteautre connaissance dépendait de la mesure actuelle d une basepour en conclure la longueur de tous les côtés des triangles :on mesura cette base vers la fin de décembre. Elie fut prise surla glace même du fleuve qui passe à Tornéa, et elle fut trouvéepar les deux troupes différentes qui la mesurèrent séparément,de sept mille quatre cent six toises cinq pieds , sans q u'il y eûtentre elle une diflérence de plus de quatre pouces; le reste estl'ouvrage du calcul trigonométriqne. 11 démontra que Parc duméridien entre les deux signaux extrêmes de Kittis et Tornéa,était de 55 020 toises 4 ; mais ce même arc était de 5 j f 28".Ainsi, dans cette latitude, un degré du méridien répondait à5 j 437 toises ; cette grandeur surpasse de 3 77 toises celle dudegré entre Paris et Amiens, mesuré par Picard : ainsi, lors-qu’on considérait Inexactitude scrupuleuse avec laquelle ces aca-démiciens avaient procédé dans cette mesure , on rie pouvaitdouter que le degré du méridien sous le cercle polaire ne futbeaucoup plus grand que celui de notre climat, ce qui est unedes conséquences de l’applatissement de la terre. On dut doncdéja conclure de cette observation , que la figure de la terreétait un sphéroïde applati. Quant à la quantité de cet apla-tissement, ou l’excès du rayon de l’équatenr sur le demi axe,Maupertuis donna une règle pour la déterminer, en comparantdeux degrés mesurés à différentes latitudes. En supposant cetapplatissement peu considérable , comme nous en sommés as-surés, et que le méridien est une ellipse, il trouva une formuletrès-commode, pour en conclure ì’applatissement total de laterre , Maupertuis appliquant cette formule à la question , et sup-posant le degré entre Paris et Amiens, de Ó7 060 toises, trouvepour le rapport des axes de l’ellipse génératrice du sphéroïdeterrestre, celui de 128 à 129; mais on a reconnu que citaitbeaucoup trop.
Une autre observation importante, qui entrait dans le plandu voyage projeté au cercle polaire, était celle de la longueurdu pendule à secondes. On la trouva à PeUo, dont la latitudeest de 66® 3 ', de ^ de ligne plus long qu’à Paris. Mais pourprendre une connaissance plus approfondie de toutes ces choses,il faut lire l’ouvrage que Maupertuis publia en 1788, sous létitre I)e la figure de la terre, déterminée par les observationsfaites au cercle polaire , ouvrage où l’on voit éclater cetteélégance et cette netteté qui caractérisent toutes ses produc-tions. On peut aussi consulter les Mémoires de l’Académied^s Sciences , de 17 Ì7. C’est dans ces ouvrages qu’on prendraVidée convenable des difficultés qu’il a fallu surmonter, pour