158 HISTOIRE
le second après avoir été pris par les nnglois. Celni-ci amenéensuite à Londres, y reçut l’accueil qu’il devoit attendre d’unenation qui, au milieu des guerres les plus animées, montra tou-jours qu’elle faisoit cas des sciences et de ceux qui les cultivent.On lui rendit ses livres et ses papiers, et il fut admis dans lasociété royale de Londres. De retour dans sa patrie, il publiaavec dom George Juan la reUnion de son expédition savante,avec beaucoup de détails curieux sur les pays qu’il avoit par-courus. Cet ouvrage, en 8 vol. a été traduit en françois
et imprimé à Amsterdam, en 2 vol. in - 4 0 . : il est égalementintéressant et pour les savans et pour les amateurs de relationset de voyages dans les pays lointains.
Godin , après avoir été retenu au Pérou par diverses cir-constances, jusqu’en 1748,'et après avoir été témoin de l’hor-rible catastrophe qui renversa en 1746 le Callao et Lima, seremit en route pour revenir en Europe. 11 traversa le haut Pérou,le Tucuman et le Paraguai, pour gagner Buenos-Aires , d’oùil se rendit en France par le Portugal et l'Espagne, vers la linde 1700. Mais, le Roi d’Espagne, dont pendant le séjour forcéqu’il avoit fait à Lima, il avoit accepté le service, en rem-plissant par intérim la place de dom Joseph de Peralta, pro-fesseur de mathématiques dans l’université de cette ville , sel’attacha peu de temps après, en le chargeant de la directionde l’école ou académie royale des gardes-rnaiine de Cadix. IIse proposoit de donner la relation de son voyage ; mais la pri-vation de la vue qu’il éprouva dès son arrivée à Cadix, l’enempêcha. D’autres circonstances l’ont empêché après sa gué-risse n de remplir sa promesse, et il est mort en 1760, sansavoir rien donné , ce qu’on est fondé à regreter ; car cette re-lation eût été extrêmement intéressante, à en juger par ce queje lui ai entendu raconter, pendant son voyage à Paris. Une partiede ses manuscrits est entre les mains du citoyen de la Lande,mais une partie est entre les mains de UUoa, en Espagne. Unfrère de Godin, surnommé desOdonnois, l’avoit accompagnédans son voyage ; il étoit revenu au Paraguai, et il avoit mandéà sa femme de descendre la rivière des Amazones avec sa fa-mille ; elle eut le malheur de se perdre dans les forêts de l’inté-rieur de i’Amérique. Cela a donné lieu à une lettre touchantede la Condamine, imprimée en 1778, chez Cellot , sur le sort desastronomes qui ont eu part aux dernières mesures de la terre,depuis 1788. On y voit les horreurs qu’elle éprouva, en errantdans ces vastes solitudes, après avoir vu périr sept de ses com-pagnons, jusqu’à ce que le nasard lui eût lait rejoindre le borddu fleuve.
Joseph de Jussieu continua après le retour de Bouguer et