DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VI. 253points de 14 routes différentes, que’la comète devoit tenir dans au-tant de différentes suppositions de son passage par son périhélie ,presque de mois en mois , depuis le 19 juin 1767, jusqu’au i5 mai1768. C’est aussi àpeu-près de la même manière que s’y prirent del’isle , la Lande et Pingré. En conséquence les astronomes se pré-parèrent à la chercher : le premier avertissement qui parut ausujet de la comète, fut celui que la Lande donna les Mémoiresde Trévoux (novembre 1767). On ignoroit absolument a!ors sila période actuelle de la comète seroit de soixante-quinzc ou desoixante-seize ans, et si la comète reparoîtroit en 1767 ou 1758.D’un autre côté, la terre devoit être, au mois de novembre
1757, dans une des positions les plus favorables pour l’apper-cevoir ; en supposant que la comète se fût trouvée dans cettepartie de son orbite , qui est la plus peoche de la circonférenceterrestre, il étoit donc important qu’on íûtaverti dès-lors, avecquelque précision, du lieu où il falloit lachercher.
Le cit. de la Lande exposa d’abord dans son mémoire l'impor-portance dont il étoit pour les astronomes de ne pas manquer ceretour de la comète: « Elle a déjà paru, disoit-il, en i3o5, en» i38o , en i 456, en r 531 , en 1607, en 1682, avec des marques» sensibles d’identité, sur-tout les dernières fois. Ainsi l’on ne» sauroit douter qu’elle ne revienne encore ; quand même les» astronomes ne la verroient pas, ils n’en seroient pas moins» persuadés de son retour ; ils savent que le peu de lumièrem et la grande distance de cette comète, peut-être même le» mauvais temps, pourroient nous en dérober la vue ; mais le» public auroit peine à nous croire; il mettroit au nombre des» prédictions hasardées cette découverte qui fait tant d’honneur» à la physique moderne, les dissertations renaîtroient dans les» collèges, les dédains parmi les ignorans, les terreurs parmi le» peuple, et soixante-seize ans s’écouleroient avant qu’on eût» trouvé l’occasion de lever ces doutes ».
De l’Isle , qui ne laissoit échapper aucune occasion de signalerson zèleetd’exercer son habileté, avoit tracé des cartes pour y trou-ver le lieu de la comète à chaque jour dans différentes suppositions.Ces préparatifs ne furent pas infructueux entre les mains du cit.Messier, observateur qui avoit été choisi par de l’Isle, et agréépar le ministre de la marine, pour seconder de l’Isle dans lestravaux de l’observatoire de la marine et du dépôt. Le cit.Messier avoit cherché la comète pendant une année et demie ,et en attendant il avoit observé pendant plusieurs mois celle de
1758. Le ciel ayant été fort couvert pendant les mois de novem-bre et décembre 1768, il ne put pas chercher la comète attendueaussi souvent qu’il l’auroit souhaité, et ce ne fut que le 21 janvier3 759 qu’il eut le bonheur de la voir.