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Tome quatrième.
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s54 HISTOIRE

Lajournéeduai janvier avoit été très-belle; aussitôt que les étoi-les purent paroître après le coucher du soleil, le cit. Messier enprofita pour visiter, avec un télescope newtonien, de qtiatrepieds et demi, les environs de la ligne où la carte indiquoit lacomète ; après bien de la peine, il reconnut, sur les sept heuresdu soir, une lumière foible, semblable à celle de la petite comètequ’il avoit observée en 1768. II avoit déjà cru bien des fois apper-cevoir la comète attendue ; mais il avoit été trompé par des nébu-leuses qui se trouvent dans cette partie du ciel en plus grandnombre qu’on ne l’a cru jusqu’ici ; et après lés avoir observéesquelques jours, il reconnòissoit pár leur immobilité qu’ellesétoient différentes de la comète.

Cette fois il reconnut son mouvement, et il continua de l’ob-server jusqu’au 3 juin ij5<) , comme on le volt fort au long dansles Mémoires de 1760, où de l’Isle rassembla toutes les obser-vations, et où le cit. Messier donna des cartes de la routede la comète. Rien n’égala la joie que ressentit le patriarchede l’astronomie. On avoit été plus heureux en Allemagne, etl’on n'en avoit pas profité. II parut un rrìémoire en allemand àLéipzig le 24 janvier 1769, que de Lille dit avoir vu, ayant pourpour titre : « Preuve de l’apparition réelle de la comète qui a» paru en 1682, et qui, suivant la théorie de Newton, a été» prédite par M. Halle y, et des apparitions qu'elle aura dans la» suite des temps, donné par un amateur de l’astronomie ».Cet imprimé contient i 5 pag. in- 4 °. II y est dit que cette comèteparoît réellement, quoique maintenant on ne puisse l’observerqu’avec des télescopes, Fauteur de ce mémoire s’étant servi d’unelunette astronomique de trois pieds pour la voir. II étoit réservé(dit-il) à un paysan de Saxe, nommé Palitzch, à Prohlis , prèsde Dresde, de découvrir le premier cette comète , sans connoîtrele prix de sa découverte ; les observations des 2 5 et 27 décembre1768, avec celle du docteur Hoffman, amateur d’astronomie ,faite le 28 décembre, ont servi à faire connoître que c’étoit leretour de la comète de 1682. L’auteur de ce mémoire dit qu’iln’attendoit plus qu’un ciel serein pour la voir lui-mêtne. Ce futle 18 janvier que le ciel lui permit de la chercher avec une lunettede trois pieds ; le lendemain 19 , il l’observa encore, son mouve-ment étoit rétrograde , et tel que la théorie l’exigeòit.

George Palitzch étoit un de ces hommes privilégiés qui, nédans une condition obscure et commune » celle de laboureur ,avoit su y trouver le bonheur, et acquérir des connoissances qu’ontrouve rarement ailleurs que dans des hommes qui ont eu uneéducation soignée. Plus à portée que les habitans des villes d’êtrefrappé du spectacle du ciel, il avoit de lui-même étudié et apprisl’astronomie, ainsi que les parties de la géométrie , qu’elle sup-