DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VII. 33 5
La méridienne des chartreux de Rome , aux thermes de Dio-cletien, est la plus ornée que l’on connoisse ; il y a deux gno-mons , l’un de 62 ~ pieds de hauteur au midi, l’autre de jSpieds du côté du nord. Cet ouvrage fut construit par Bianchînien 1701. Voyez sa dissertation de Nu/nmo et Gnomone Clemen -tìno , à la suite de son livre de Kalendarìo et Cyclo Cesaris.Romae, 1703, in-foi le livre publié par Maníredi, à Verone en1737 , Francisci Bianchîni astronomicae obseivationes , et leVoyage en Italie du ci t. de la Lande. t. IV, p. 3 i 1 . édition deParis, 1786. 1
La méridienne de Saint-Sulpice de Paris fut entreprise en 1727par Sully , horloger ; Lemonnier l’a refaite en grand avec soin etavec magnificence ( Mérn. Acad. 17^3 ). Le gnomon a environBo pieds de hauteur; il y a un objectif de 80 pieds de foyer, etLemonnier s’en servoit chaque année , en marquant sur unmarbre la trace des bords de Fimage , pour observer l’obliquitéde Pécliptique , il en concluoit qu’elle étoit invariable. Les objec-tions que le cit. de la Lande a faites contre ce résultat, se trou-vent dans les Mém . de L’Acad. pour 1762, et Lemonnier lui-rnême est convenu ensuite que cette méridienne prouvoit unediminution dans l’obliquité de Pécliptique. Mém. 1774.
M. de Cesaris et M. Keggio ont fait une méridienne en 1786,dans la cathédrale de Milan , le gnomon à 73 pieds de hauteur( Ephém. de Milan, 1788). Ces sortes d’instrumens seroientencore les meilleurs de tous, si les bâtimens étoient absolumentimmobiles ; mais le cit. de la Lande a fait voir combien les grandsédifices sont sujets à varier.
La petite ville de Tonnerre est la seule en France où il ait unegrande et belle méridienne , avec la courbe du temps moyen.
M. Baudouin de Guémadeuc , ancien maître des requêtes ,connu par différons mémoires, avoit choisi Tonnerre pour retraitedans un revers inopiné de fortune. L’espècede contrainte où il vi-veur, capable d’abattre l’esprît le plus philosophique , ne servoit aucontraire qu’à élever le sien. 11 saisit des ressources indépen-dantes du caprice des hommes, et, dans l’infortune, il lit, pourla société, ce qu’il n’eíit peut-être pas fait dans la prospérité. IIaimoit l’astronouiie, il voulut décorer son séjour, par un monu-ment astronomique ; l’église de l’hôpital de Tonnerre réunissoittous les avantages possibles pour rétablissement d’un gnomon ,et à cettè position locale se joignoit la circonstance favorablede posséder dans cette ville deux savans estimables, l’avocatDare t, versé dar.s les calculs astronomiques, et dom Camille Fé-rouillat, qui, d’après une pratique consommée de la gnomoni-que, étoit en état de conduire à sa fin une entreprise de cettenature et.d’en assurer le succès.