336 HISTOIRE
Le cit. de Guémadeuc développa son plan dans un mémoireque l’adininistration de l’hôpital approuva. La marquise de Lou-vois, représentant la fondatrice, y donna son consentement.
Le cit. de la Lande fit exprès le voyage de Tonnerre pourreconnoître la possibilité de l’exécution du projet. Le cit. Morel,architecte du prince de Conti, proposa le plan d une pyramideantique,élevée dans le lieu du solstice d’hiver. Enlin, les maireet échevins ne voulant pas élever aux dépens des pauvres, unmonument qui ne pût être utile qu’aux sciences, en proposèrentl’exécution, par la voie d’une souscription , à laquelle ( aprèsavoir eux-mêmes concouru), se sont jointes des personnes detous rangs et de tous états, et il en a résulté un beau gnomon quiimite les fameuses méridiennes dont nous avons parlé.
La courbe du temps moyen qu’on y a tracée, est une partieimportante et que l’on devroit employer partout. On règle, enFrance, toutes les horloges sur le temps vrai, et comme il estinégal et irrégulier, on a proposé depuis long temps de se servirdu moyen qui seroit plus régulier; mais pour cela il faut qu’onpuisse le voir sur la méridienne. Deparcieux*, dans son Traité deGnomonique , en 1771, en donna la description. II dit que c’étoitGrandjean de Fouchy, qui le premier en avoit fait une chez lecomte de Clerinont. Dom Bedos , en íit aussi chez le marquis deBonnelle et chez le marquis d-Houel, et il en donna la descrip-tion détaillée dans son Traité de Gnomonique , dont la secondeédition parut en 1774» par les soins de dom Monniote, son con-frère et son ami. Mallet en a tracé une à Genève , et le sonneurdonne le temps moyen avec la grosse cloche tous les jours àmidi à tous les horlogers qui sont en grand nombre dans cetteville.
Mais nous passons à des instrttmens plus utiles et plus parfaitsque ce siècle a vu éclore.
Le premier est le secteur, que Graham íit en 1726 , lorsqu’unriche amateur, Molyneux, voulut constater les changemens desétoiles ; il s’adressa à cet horloger célèbre dans les arts, et quiétoit capable d imaginer des moyens et de les exécuter. On trouvela description d’un secteur pareil dans le livre intitulé : Degré duMéridien entre Paris' et Amiens , 1742 ; celui-ci est à Paris,il y en a un à Greenwich, dans l’observatoire royal d’An-gleterre , et plusieurs autres ailleurs.
La même année Graham íit pour Halley, qui étoit à l’observa-toire royal de Greenwich , un quart de cercle mural de 8 pieds(7 ^ de France), avec une perfection toute nouvelle.
Bird , célèbre artiste de Londres, a fait, depuis 1760, plusieursquarts de cercles de la même grandeur, un pour Greenwich ,deux pour Oxford, un pour Pétersbourg, un pour Manheim et
deux