DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv, VII. 36 9successif depuis le commencement du dix-huitième siècle. Elleest propre à donner une idée du zèle qui, depuis quelquesannées seinble enflammer les esprits pour la perfection de cettescience ; et à faire naître l’espérance de la .voir atteindre ledegré de perfection dont sont susceptibles les connoissanceshumaines. Car il en est de la perfection absolue comme de1 asymptote de l’hyperbole ; on peut en approcher de plus enplus, et à mesure qu’on en approche,les progrès deviennent deplus en plus petits, et la ligne ne peut toucher absolument.
V I I.
Histoire de l’Astrologie.
Rien n’est plus chimérique , sans doute , que l’Astrologie, oucet art prétendu d’annoncer les événemens physiques ou poli-tiques, la constitution, les inclinations, la vie et la mort deshommes d’aprês l’observation de la position des astres au mo-. ment de leur naissance. Cependant l’Astrologie, il faut l’avouerà la honte de l’esprit humain , a été intimement lice à Gastro-nomie parmi la plupart des peuples anciens , et inême parminous , jusqu’à une époque qui n’est pas fort éloignée. Lespremières tables que Joseph de l’Isle calcula sur la théorie deNewton furent faites pour des thèmes de nativité. On venoitencore quelquefois, au commencement du dix-huitième siècle ,consulter sur l’avenir des astronomes de l’académie. En 170 5 ,Lieutaud crut devoir mettre à la tête de la Connaissance desTemps : « On ne trouvera ici aucune prédiction , parce que l’aca-démie n’a jamais reconnu de solidité dans les règles que lesanciens ont données pour prévoir l’avenir par les configurationsdes astres. »
Ainsi nous croyons devoir donner ici quelque place au ta-bleau historique de cette vaine science. Car si la partie prin-cipale de l’histoire de l’esprit humain est celle de ses progrèsdans les connoissances réelles et solides , ses erreurs et sesfolies, pour ainsi dire, en forment une qui n’est pas entière-ment indigne de considérations philosophiques. L'astronomiesolide a (bailleurs tant d’obligations à cette sœur aînée et bâ-tarde, qu’il y auroit une sorte d’injustice à la. passer ici entiè-rement sous silence. Enfin, le spectacle des chimères dont ellea si long-temps bercé l’esprit humain peut être amusant jusqu'àun certain point.
, Rien n’est pi us insensé que de désirer connoître l’avenir, puisques'il étoit astreint à des lois immuables comme ctl'e du mou-Tome IV, Aaa