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flotaison. En effet, quand la vague rencontre un arrière fortgros , la partie du navire qu’elle enveloppe est très-grande ; etla proue trop aiguë pouvant s’enfoncer sans déplacer un grandvolume d’eau, toute la partie d’avant doit se trouver submergée.Si au contraire la vague vient frapper l’avant , l’effort qu’ellefera étant peu considérable, et l’arrière ne pouvant s’eníoncersans trouver une résistance énorme de la part de la pousséede l’eau , le vaisseau restera comme fixe, et la vague conti-nuant à s’élever à la partie d’avant, submergera toute cettepartie et en noyera continuellement le gaillard. Tels sont lesvaisseaux qui ont le défaut de ne point s’élever sur la lame ;ces vaisseaux , trop taillés de l’avant , n’ont pas leur arrièreassez étroit à proportion , surtout au dessus du niveau de l’eau:tant que la mer est calme , ils ont un sillage très-favorable ;mais dès qu’elle commence à grossir, leur partie d’avant quise plonge actuellement, rencontre ensuite un plus grand vo-lume d’eau , et il arrive alors qu’ils ont une marche moinsavantageuse que n’auroient d’autres vaisseaux dont la proueseroit plus renflée. II en est de même d’un vaisseau plus maigreà l’arrière qu’à l’avant. Aux environs de la ligne d’eau en.charge , il s’élève à la vérité sur la laine avec facilité ; maiscette facilité est trop grande : l’arrière, qui n’oppose aucunerésistance à ce mouvement, s’enfonce tout-à-coup jusqu’à sonfort , et la grande largeur que le navire acquièrt en cet en-droit anéantissant tout-à-coup son mouvement , la mâture, quin’a pas encore perdu tout le sien, communique au navireles plus rudes secousses. On évitera tous ces inconvéniens, ditChauchot, en rendant la proue semblable à la poupe un peuau-dessus et au-dessous de la ligne de flotaison ; car alors sil’arrière est fort large, et donne beaucoup de prise à la lame ,l’avant renflé à proportion résistera d’autant plus, et tout gar-dera un espèce d’équilibre. Les bateaux qui vont de Brest auxenvirons et les bateaux de pêche du même port soutiennentmieux la mer et s’élèvent mieux sur la lame que les canots etles chaloupes ; c’est parce qu’ils sont pointus de l’arrière commede l’avant, et qu’en conséquence le rapport des capacités del’avant et de l’arrière est mieux observé. 11 en est de mêmedes yoles , qui sont extrêmement étroites et pointues par lesdeux bouts. Les habitans de la côte de Norwége ne craignentpoint de mettre ces bâtimens à la mer , lorsque les vaisseauxont des ris pris dans les huniers ; ce n’est donc pas , commele croient quelques marins, parce que certains navires sonttrop étroits, qu’ils donnent du nez dans l’eau, mais c’est parceque l’arrière est trop large : au contraire, il y aura toujoursde l’avantage à rétrécir le navire pour augmenter sa longueur,
parce