Band 
Tome quatrième.
Seite
536
JPEG-Download
 

536 HISTOIRE

dans l’ouvrage de Radouay, l’un des officiers de la marine royale,'les plus instruits, quelques idées à ce sujet. 11 changeoit la formedu quartier anglois, et en formoit un instrument qu’il appeloitcadre , parce qu’il étoit en effet formé d’un quarré qui portoità deux de ses côtés opposés un quart de cercle entier. II pré-tendoit y trouver beaucoup d’avantages, surtout en ce qu’ilpouvoitlui appliquer un niveau, pour prendre la hauteur d’unastre lorsque l’horizon est embrumé. 11 est difficile de croirequ’on puisse à la mer user d’un instrument aussi mobile qu’unniveau à bulle d’air. Radouay dit néanmoins s’en être serviavec succès, mais il convient lui-même que ce seroit trop exigerdu commun des navigateurs.

Ces tentatives de Radouay pour perfectionner la manière dedéterminer la latitude en mer furent, peut-être, ce qui donnaoccasion à l’Académie des Sciences de proposer pour sujet duprix de 1729, de déterminer la meilleur méthode d’observerles hauteurs sur mer par le soleil et par les étoiles , soit pardes instrumens déjà connus , soit par des instrumens de nou-velle invention. Ce prix fut remporté par Bouguer, alors seu-lement professeur d’hydrographie au Croisic; mais cette piècequi, d’ailleurs fait beaucoup d’honneur à Bouguer, à raisonde ses savantes recherches sur la réfraction et sur la courbeque décrit un rayon de lumière dans l’atmosphère , ne pro-duisit d’ailleurs que des réflexions fort justes sur le degré deperfection ou d’imperfection des divers instrumens employésjusqu’alors dans la marine pour prendre hauteur, il ne paroîtpas qu’elle ait influé sensiblement sur leur amélioration ; si cen'est, peut-être, qu’elle ait excité Grandjean de Fouchy à s’oc-cuper du même sujet. En effet, cet académicien proposa bientôtaprès, en 1702, à l’Académie des Sciences , un moyen de per-fectionner le quartier anglois qui probablement auroit été adoptédans la marine si Hadley n’avoit pas proposé le quartier deréflexion. On ne trouve à la vérité , aucune trace de cela dansles Mémoires de l’Académie , de ryÔa; mais Gallonde a décritle quartier de Fouchy parmi les machines approuvées par l’A-cadémie à cette datte.

Le moyen proposé par Fouchy étoit celui-ci. D’abord il sup-pritnoit en entier le petit arc j il substituoit à la pinnule ducentre un miroir plan, fixé à ce centre, et perpendiculaire àla ligne zéro du grand arc. Au lieu de la pinnule oculaire etmobile, il inettoit une alidade mobile, portant une lunettedont l’axe de volt être bien parallèle au plan de l’instrumentet à la ligne du milieu de cette alidade. Cette lunette enfin étoitdisposée de manière à recevoir par une moitié de l’objectif l’i-mage du soleil réfléchie par le miroir, tandis que par l’autre

moitié