538 HISTOIRE
si l’on connoît la déclinaison, trouver la hauteur d» pôle etl’angle horaire. La méthode que Douves donna en 1754, dansle premier volume des Mémoires de Harlem, fournît une ap-proximation quand on ne connoît pas la hauteur du pôle. Elleest commode et aussi exacte qu’on peut le désirer. Elle a étéadoptée dans le Nautical Almanac de 1771 et de 1781 , etl’on a fait des tables commodes dans celui de 1797 et dansplusieurs autres livres, ( Astronomie , art. 3994 ).
I V.
Tentatives pour trouver les longitudes en mer .
Aussitôt que les progrès de la navigation, la soif des richesses ;où la curiosité des hommes leur eurent inspiré la hardiesse detraverser les immenses plaines de l’Océan , sans autre guide queles astres, la nécessité de déterminer la longitude en mer dut sefaire sentir. On pouvoit facilement déterminer la latitude duvaisseau, en prenant la hauteur du soleil à midi, comme on l’avu ci-devant ; par-là on connoissoit le parallèle de la surface dela terre, où l’on se trouvoit au moment de l’observation ; maisde combien étoit-on avancé vers l’est ou vers l’ouest à l’égardd’un méridien déterminé , c’est ce qu’il étoit bien plus difficilede découvrir, et c’est un problème qui n’a pu recevoir que depuisfort peu de temps une solution satisfaisante.
On a connu presque dès les premiers temps de l’astronomie,la manière de déterminer la différence de longitude entre deuxlieux de la terre par l’observation : si l’on a un moyen de savoirqu’il est à Paris 8 1 ' du matin , et qu’on observe au Cap de Bonne-Espérance qu’il est 4', on voit qu’il y a 1 1 ou 16 0 de dif-férence en longitude entre Paris et le Cap.
Mais comment savoir qu’il est 8 heures à Paris, c’est-là préci-sément la question ; le navigateur n’a point d’observateur cor-respondant ; les montres ou instrumens à marquer l’heure , àpeine assez exacts sur la terre, se dérangent à la mer. Ainsi l’onne peut, ou au moins on ne pouvoit autrefois conserver à bordle temps du lieu du départ, pour le comparer à celui que donnel’observation faite dans le vaisseau.
Comment faisoient donc les premiers navigateurs, ces hommesintrépides, qui doublèrent le Cap de Bonne-Espérance et arri-vèrent aux parties les plus éloignées des Indes; ceux qui décou-vrirent l’Amérique en 1492 ? ils se conduisoient, à l'égard de lalongitude , par l’estime dont nous avons expliqué les principeset l’usage. Quand, par ce moyen très-incertain, ils croyoient