DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Lrv. IX. 55 1deux balanciers, alternativement mis en mouvement par un mé-canisme qu’il expose, et du jeu alternatif desquels devoit résulterune compensation des irrégularités auxquelles un seul pouvoitêtre sujet, et ce moyen a été adopté de nos jours.
L’Académie des Sciences ayant reçu , d’après le testament ducomte de Meslay, le fond d’un prix à proposer chaque année surun objet utile à la perfection des différentes parties de la marine,propoposa pour l’année 1720 un prix de i5oo francs, pourcelui qui trouveroit la manière la plus parfaite de conserversur mer T égalité du mouvement d’une pendule, soit par saconstruction , soit par sa suspension.
L’abbé de Hautefeuille, célèbre alors par la proposition d’unemultitude d’inventions , la plupart indigestes, ou abandonnées àleur sort dès leur naissance, publia à ce sujet dans le Mercurede juin 1719, un écrit adressé à l’Académie des Sciences, etdans lequel repassant en revue les différentes idées pour laperfection de la marine , il osoit promettre une pendule plusjuste sur mer que les pendules astronomiques sur terre. Maisquand on lit cet écrit on est étonné de n’y trouver qu’uneidée absurde. Il propose de suspendre par un mouvement degenou une pendule à poids dans une caisse où la verge de lapendule et sa lentille tremperoient dans de l’eau de mer. Il pré-tendoit par là corriger les mouvemens irréguliers du pendule etla contraction et dilatation de sa verge , source d’inégalitéscontinuelles ; mais qui ne voit que dans son vaisseau l’eau con-tenue dans le vase contracte bientôt par ses différons mouvemensune oscillation capable de déranger le pendule le plus régulier.
On voit par cet écrit que l’abbé Hautefeuille prétendoit aussiavoir inventé une machine sur laquelle un pilote assis pour-roit observer les satellites de Jupiter avec une lunette conve-nable. Mais cette idée étoit déjà ancienne. II y parle aussi d’untraité sur la Perfection des instrumens de mer , imprimé en1715, mais il est sujet à annoncer avec emphase des inven-tions à deraì-apperçues.
Un plus habile homme se mit sur les rangs peu d'années aprèspour le même objet ; c’est l’horloger anglois Sulljf qui avoitadopté la France pour sa patrie. On sait que ce fut un desplus habiles horlogers de son temps. II présenta en 1724 à l’Aca-démie des Sciences une pendule marine, et la décrivit quelquesannées après dans un traité particulier intitulé : Descriptionabrégée d } une horloge de nouvelle invention pour Vusage de lanavigation, &c. dédié au roi, par M. Sully, Paris, 1724. IIavoit imaginé un nouveau régulateur par un levier horizontal ;on en lit d’abord des épreuves à Paris en lui faisant éprouverdivers mouvemens irréguliers et le résultat en fut favorable-