5/2 HISTOIRE
lente éphéméride , qui avoit pour titre -.État du ciel. JamaÌ3on n’avoit mis tant d’exactitude et de temps à calculer uneéphéméride. On y trouvoit pour midi et pour minuit de chaquejour le lieu de la lune, sa latitude, son angle horaire, sa dé-clinaison , sa distance au soleil, le mouvement horaire en lon-gitude, le changement horaire de l’angle au pôle; tout celacalculé en secondes avec la dernière précision ; ensorte queles calculs de la longitude dont je viens de donner l’explicationd’après Pingré, devenoient très-faciles.
Il eut la constance de continuer seul ce travail pendant quatreans : mais le peu d’usage qu’on en íaisoit alors parmi les marinsle détermina à suspendre un travail aussi pénible jusqu’au tempsoù il pourroit devenir plus utile ; cependant Pingré eut l’avantagede donner l’exemple pour l’avenir, et de faire voir qu’un habfleasronome pouvoit fournir lui seul tous les calculs dont lesnavigateurs ont besoin.
Lorsque le cit. de la Lande fut chargé de la Connaissancedes Temps , il donna dans le volume de 1761 et dans les suivans,les lieux de la lune calculés avec la même précision , sur lesmeilleures tables, pour midi et pour minuit, qui sont le fonde-ment de tous les autres calculs.
Lacaille, dans son voyage au Cap-de-Bonne-Espérance, en1751 , avoit senti toute futilité de la méthode des longitudesen mer par le moyen de la lune ; mais il préféra les distancesde la lune au soleil, et aux étoiles. II donna en 1 y55, dans lecinquième volume des Ephémérides des détails intéressans surla manière d'observer, et de calculer les observations, et il donnale modèle d’un almanach nautique pour rendre cette méthodefacile et à la portée de tout le monde. Dans les Mémoiresde 1759, il prouva qu’elle étoit de beaucoup préférable à celledes hauteurs que le Monnier avoit voulu accréditer. M. Maske-lyne aujourd’hui astronome royal d’Angleterre, ayant été en1761 à file Saint-Hélène pour observer le passage de Vénus,s’occupa de cette méthode et réveilla l’attention des commis-saires de la longitude en Angleterre. II y parvint à faire déciderqu’on publieroit chaque année un Nautical almanac , et depuis1767 on n’a pas discontinué.
Cette méthode est détaillée dans son livre intitulé : Brìlìshmariner’s guide , 1763. Elle fut adoptée par Mayer Theorialunae et methodus longitudinum promota, 1767. II ne s’agitque de mesurer une distance de la lune au soleil, ou à uneétoile de position bien connue, en observant à peu-près leshauteurs tant de la lune, que de l’étoile ou du soleil. On peutdéterminer d’après ces données la distance vraie de la lune,ou du soleil à l’étoile ; calculant donc ensuite le moment pour