DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. IX. 58 ifacile par des tables qui n’exigeâssent que quelques additions etsoustractions , et tout au plus encore quelques légères partiesproportionnelles. On avoit fait des tables fort étendues , pourcorriger les distances observées , en cherchant l'effet de la ré-fraction et de la parallaxe. On a simplifié par des tables , toutesles autres parties de calculs de la longitude ; mais celle qui con-siste à trouver l’heure , avoit toujours été négligée. Cependantcette partie alonge beaucoup la méthode des longitudes , et em-pêche beaucoup de navigateurs de s'occuper de ces recherches :s’ils négligent encore ces observations au risque de leurs for-tunes et de leurs vies , c’est le devoir des astronomes de leurapplanir les difficultés et de les rappeller à de pressens intérêts.
Le cit. de la Lande avoit formé depuis long temps le projetde donner ce secours aux navigateurs , et dans la seconde,édition de son Astronomie , qui s’imprirnoit en 1770 , et quiparut en 1771, il disoit qu’il espéroit pouvoir bientôt le procurer;il s’adressa à plusieurs calculateurs , qui commencèrent ce tra-vail ; enfin ces tables furent terminées en 1791 , et l’Assembléeconstituante en décréta l’impression le 9 juin. ( Journal desSavans , 1791 , page 43 9 )- M. Margetts , qui avoit publié à Lon-dres des cartes sur lesquelles on peut prendre au compas laréduction des distances, publia en 1791 des cartes qu’il appelletables horaires , pour trouver la hauteur, les temps et l’azimut;mais comme ces quantités ne sont pas aussi petites que cellesde la réduction des distances , les planches de M. Margets nepeuvent pas avoir la même précision que le calcul contenu dansles tables horaires.
Le bureau des longitudes d’Angleterre qui a fait cle si grandeset de si utiles dépenses pour la science de la navigation, auroitpu sans doute procurer les tables horaires , j ignore , dit le cit.de la Lande , ce qui l’a empêché de le faire. « Lorsque j’ai pro-» posé celles-ci, le bureau m’a répondu qu’on lui avoit fait plu-» sieurs offres de ce genre ; mais il ne m’a pas dit ce qui l’avoit» empêché de les accepter. Je ne puis comprendre qu’on ait pu» avoir de bonnes raisons pour s’en priver : quoi qu’il en soit,
» c’est à la France que les navigateurs devront cette nouvelle» facilité pour l’observation des longitudes et pour la perfection» de la marine ».
Le cit. de la Lande , dont la sollicitude pour tout ce qui peutintéresser l’astronomie et la navigation est connue, a donné cestables en 179’é , dans son Abrégé de navigation historique ,théorique et pratique. Elles donnent l’heure cherchée pourtoutes les latitudes, croissantes de degré en degré depuis o° jus-
3 u’à 6 o° , et pour des hauteurs du soleil croissantes de deux eneux degrés depuis o° jusqu’à certain terme, et ensuite de degré