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Tome quatrième.
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5 9 î SUPPLÉMENS.

le périple de Scylax met à trois journées plus loin que le pré-cédent. C’est vraisemblablement le Cap-Bojador, ainsi nommépar les Portugais, à cause du courant très-dangereux que formentà cet endroit les vagues qui s’y brisent avec impétuosité. LesCarthaginois doublèrent le Cap ; une demi-joumée les conduisità la vue d’un grand lac voisin de la mer, rempli de roseaux,ct dont les bords étoient peuplés d’éléphans et d’animaux sau-vages. Trois journées et demie de navigation séparent ce lacd’une rivière nommée Lixus, par l'amiral carthaginois. II jetal’ancre à l’embouchure de cette rivière , et y séjourna quelquetemps pour lier commerce avec les Nomades Lixites répandusle long des bords du Liceus. Ce fleuve ne peut être que lerio-do ouro, espèce de bras de mer ou d’étang d’eau salée ,qu’Hannon aura pris pour une grande rivière à son embouchure.

Ensuite la flotte mouilla près d’une île qu’Hannon appelleCerné , et il laissa dans cette île des habitans pour y formerune colonie. Cerné n’est autre que notre île d’Arquin , nomméeGhir par les Maures : elle est à vo° de latitude à cinquante millesdu Cap-Blanc, dans une grande baie formée par ce cap etpar un banc de sable de plus de cinquante milles d’étenduedu Nord au Sud , et un peu moins d’une lieue de large de Testà l’ouest. Sa distance du continent de l’Afrique n’est guère qued’une lieue.

Hannon s’étant remis en mer, s’avança jusqu’au bord d’ungrand fleuve qu’il nomme Chrés à l’extrémité duquel il vit dehautes montagnes habitées par des sauvages vêtus de peaux debêtes féroces. Ces sauvages s’opposèrent a la descente des Car-thaginois , et les repoussèrent à coup de pierres : selon touteapparence ce fleuve Chrés, est la rivière de Saint-Jean quicoule au sud d’Arquin , à l’extréinité méridionale d u grand Banc.Elle reçoit les eaux de plusìeur* lacs considérables , et formequelques îles dans son canal , outre celles qu’on voit au nordde son embouchure. Ses environs sont habités par les Nomadesde la même espèce que ceux du Lixus. Et ce sont-là proba-blement les sauvages que vit Hannon.

Ayant continué sa navigation le long de la côte vers le midi ;il arriva à un autre fleuve très-large et très-profond , remplide crocodiles et d’hyppopotames. La grandeur de ce fleuve,et les animaux féroces qu’il nourrit, désignent certainementle Sénégal. Hannon borna sa navigation particulière à ce grandfleuve, et rebroussant chemin, il alla chercher le reste de saflotte dans la rade de Cerné.

Après douze jours de navigation, le long d’une côte unie,les Carthaginois découvrirent un pays élevé , ct des montagnesombragées de forêts. Ces montagnes boisées d’IIannon doivent

être