GÉOGRAPHIE.être celles de Sierra Leona, qui commencent au-delà de Rio-Grande , et continuent jusqu’au Cap Saint-Anne.
Han non mit vingt-six jours, nettement exprimés dans sonPériple, à venir de l’île de Cerné, jusqu'an golfe, qu’il nommela Corne du Midi. C’est le golfe de la côte de Guinée, quis étend jusqu’au côtes de Bénin; et qui, commençant versl’ouestdu Cap-des-Trois-Pointes, finit à l’est par le Cap-Formoso.
Hannon , découvrit dans ce golfe une île particulière , rem-plie de sauvages , parmi lesquels ii crut voir beaucoup plus defemmes que d’homines. Elles avoient le corps tout velu, et lesinterprètes d’Hannon les nommoient Gorilles. Les Carthaginoispoursuivirent ces sauvages qui leur échappèrent par la légèretéde leur course. 11s saisirent trois des femmes, mais on nepût les garder en vie tant elles étoient féroces ; il fallut les tuer,et leurs peaux furent portées à Carthage, où jusqu’au tempsde la ruine de cette ville, on les conserva dans le temple deJunon.
L’île des Gorilles est quelqu’une de celles qu’on trouve enassez grand nombre dans ce lac. Les pays voisins sont remplisd animaux pareils à ceux qu’Hannon prit pour des hommessauvages. C’étoit, suivant la conjecture de Ilamusio , commen-tateur d’Hannon , des singes de la grande espèce dont les forêtsde l’Afrique intérieure sont peuplées.
Le Cap-des-Trois-Pointes fut le terme des découvertes d’IIan-non. La disette de vivres l’obligea de ramener sa flotte à Car-thage, il y rentra plein de gloire, après avoir pénétré jusqu’aucinquième degré de latitude , pris possession d’une côte de prèsde six cents lieues, fait rétablissement de plusieurs colonies,depuis le détroit jusqu’à Cerné, et fondé clans cette île, unentrepôt sûr et commode pour le commerce de ses compatriotes,qui s’accrut considérablement depuis cette expédition.
On n’a pas de preuves que les Carthaginois aient dans lasuite conservé toutes les connoissances qu’ils dévoient au voyaged’Hannon. Ils n’allèrent guères au-delà du Sénégal; mais 1 îlede Cerné fut toujours l’entrepôt de leur commerce.
Le cit. Gosselin, qui a discuté avec une érudition singulièretoute l’ancienne géographie , soutient que les différens passagesdes auteurs anciens, qui ont toujours annoncé que les Phéni-ciens et les Grecs avoient fait le tour de l’Afrique sont insuffisanspour attester l’exécution de ce voyage. Le passage d’Hérodotey est discuté avec étendue ; et il croit avoir démontré que cetterelation est un roman fondé sur les connoissances historiquesdes Egyptiens. ( Géographie des Grecs, analysée par Gosselin ,1790. Recherche sur la Géographie systématique et positivedes anciens pour servir de base à P Histoire de la Géogra-TomelV. F f f f