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Tome quatrième.
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GÉOGRAPHIE. 6o3

La situation de cette Taprobane si célèbre parmi les anciens^st un grand problème. On tient communément que c est notreîle de Ceylan, mais les mesures des anciens rendent cette hy-pothèse douteuse j il y en a qui ont cru que c’étoit plutôt Su-matra. Quoiqu’il en soit on avoit aussi une connoissance obscurede la presqu’île de Malaca, qu’on appeloit la Chersonèse d’Or;onl’avoit tournée, et l’on avoit reconnu le golfe que fait ensuitela mer et qui est celui de la Cochinchine. Mais comment alorsavoit-on pu ne pas reconnoître Java, Bornéo et cette foule d'îlesqui font en ce lieu le plus grand Archipel de l’univers. II estégalement singulier que les Maldives aient échappé à la con-noissance de ces navigateurs. Cela paroît prouver qu’ils ne te-ndent guère la Haute-Mer et inême qu’ils s’éloignoient fort peudes côtes. II est vrai que Ptolemée dit que son île de Tapro-bane étoit environnée de plusieurs centaines d’îles de quelques-unes clesquelles il donne les noms; mais tout cela est d’uneobscurité impénétrable.

Quant à 1*Afrique elle n'étoit connue que le long des côteset à une médiocre profondeur, si ce n est l’Egypte. Celle-cil’étoit jusqu’aux cataractes du Nil et un peu plus haut, savoirjusqu’à l’île de Méroé vers le 20 e degré de latitude nord. Laconnoissance des côtes de l’Afrique le long de la mer Rouge sebornoit à-peu près à celle des bords, excepté dans la partiedépendante de l’Egypte , l’intérieur n’étant habité que par desnations féroces et intraitables. On connoissoit bien moins encorecelles qui sont au-delà du détroit, et apparemment Ptoleméene croyoit pas aux voyages faits autour de cette partie du monde ;car il la laisse sans être terminée du côté du Midi; mais Strabonet Pornponius Mêla en font décidernment une presqu’île, netenant au reste du continent que par l’Isthme que nous nom-mons aujourd’hui de Suez. Ils n’avoientau surplus aucune con-noissance de la belle et grande île de Madagascar que Ptoleméeparoit cependant avoir connue, quoique imparfaitement, sousJe nom de 1 île Ménuthias. La côte d’Afrique sur la inerMéditerranée étoit alors couverte de villes dépendantes de l’£m-pire romain cultivées et florissantes , tandis qu’elle ne présenteaujourd’hui qu’un repaire de pirates que la jalousie des grandesnations commerçantes soutient, à la honte et au préjudice desétats policés. Car quel beau pays s’il étoit habité par des na-tions industrieuses, puisqu’il est à la fois susceptible des culturespropres aux pays tempérés, comme le blé, et au cultures par-ticulières aux climats les plus chauds. Je ne doute point quela canne à sucre, l’indigo, le café, le cotonnier ne vinssenttrès bien en Afrique , et les chaleurs y étant moindres que dansnos îles du golfe du Mexique, des hommes blancs pourroient