Band 
Tome premier.
Seite
148
JPEG-Download
 

148 ÉCONOMIE DOMESTIQUE.

L’origine, des bitumes est aussi obscure quecelle des houilles ; on en est réduit à des Hypo-thèses , et, ce qui est préférable, à quelques ob-servations constantes.

On a donc remarqué que les sources des diffé-rentes variétés de biiumes se trouvent ordinaire-ment dans le voisinage des salines , dans celui desvolcans froids et vaseux, qu’on nomme salses,

quelque pièce d’or, paraissent être aussi dans l’usage de visiterces vases funéraires, qui sont ordinairement en albâtre, et dont lecouvercle offre alternativement la figure d’une femme , celle d’unépervier , d’un chacal ou d’un cynocéphale. L’un de ces vases àtête de chacal existait depuis long-temps dans la bibliothèquede Grenoble , et par un hasard extraordinaire, il était absolu-ment rempli de baume égyptien. M. Champoléon me proposade le vider, et pour y réussir sans rien endommager, nous ren-versâmes le canope dans un vase d’eau placé sur Hn feu doux.L’espoir de trouver quelque corps étranger dans son intérieurexcitait la curiosité deM. Champoléon , et nous fûmes pleine-ment satisfaits quand, au bout d’un quart d’heure, et après quela moitié du bitume fut écoulée, nous aperçûmes une petitepoignée de paille finement hachée, et puis un corps arrondi, duvolume d’une grosse orange, que nous détachâmes avec pré-caution, et que nous nous empressâmes d’examiner.

Après avoir lavé ce petit paquet dans l’eau chaude, afin dele dégager du bitume dont il était empreint, nous trouvâmesqu’il était enveloppé d’un carré de toile de finesse moyenne,de huit pouces sur dix, sans inscription, et qu’il renfermait uncorps spongieux et fibreux, que nous crûmes reconnaître pourêtre un cerveau. Il s’en faut bien que nous affirmions que ce soiten effet cette partie distinguée de notre être ; mais ce qui nous