SUBSTANCES TERREUSES.
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la plus légère idée des douceurs et des commo-dités de la vie ; ou plutôt cette diète terreuse,loin de prolonger leur existence, en abrégeraitinfailliblement la durée.
Le fait est cependant certain , et il suffira deciter les savans voyageurs Pérou, Labillardière ,Patrin, Lcschenaud et Humboldt , comme témoinsoculaires, pour effacer jusqu’au plus léger douteà ce sujet.
« Le 6 juin 1800 , en revenant de Rio-Negro ,» nous descendîmes l’Orénoque sur lequel nous» sommes restés trente-six jours; nous avons passé» une journée dans une mission habitée par les» Oftornaques qui mangent de la terre.
» La terre que les Ottomaques mangent est» une glaise gi’asse et onctueuse , une véritable» argile à potier d’une teinte jaune grisâtre, co-» lorée par un peu d’oxide de fer. Ils la choi-» sissent avec beaucoup de soin, et la recueillent» dans des bancs particuliers sur les rives de YO-» renoque et du Meta. Us distinguent au goût une» espèce de terre d’une autre , car toutes les» espèces de terres n’ont pas le même agrément» pour leur palais. Us pétrissent cette terre en» boulettes de quatre à six pouces de diamètre ,» et la font cuire à petit feu jusqu’à ce que la» surface intérieure devienne rougeâtre ; lôrs-» qu’on veut manger ces boulettes , on les hu-» mec le de nouveau.