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MEDECINE.
» Les Ottomaques sont des hommes très-fa-» louches qui ont la culture en aversion. Tant« que les eaux de lOrénoque et de la Méta sont» basses, l’Oltomaque se nourrit de poissons et de» tortues; mais quand ils éprouvent leur débor-« dement périodique, la pèche cesse, et, pendant» celte inondation , qui dure deux ou trois mois,
» les Ottomaques avalent des quantités prodi-» gicuscs de terre. Nous en avons trouvé do» grandes provisions dans leurs huttes, entassées» en pyramides. Chaque individu consomme jour-» nellemcnt les trois quarts ou les quatre cin-» quièmes d’une livre de terre : c’est ce que nous» a rapporté Fray liarnon Bueno , moine très-» intelligent, natif de Madrid , et qui a vécu» douze ans parmi ces Indiens. Les Ottomaques» disent eux-mêmes que dans la saison des pluies,» celte terre est leur principal aliment. D’ailleurs» ils mangent de petits poissons, des lézards, ou» de la racine de fougère, lorsqu’ils peuvent s’en» procurer. Ils sont si friands de cette glaise,» qu’ils en mangent tous les jours un peu après» le repas pour se régaler, dans la saison même» de la sécheresse , et lorsqu’ils ont du poisson» en abondance.
» Ces peuples sont d’une couleur cuivrée» très-foncée ; ils ont les traits du visage laids» comme ceux dcsTartaros, sont gras, mais n’ont» point le ventre gros. Le missionnaire qui résida