Band 
Tome premier.
Seite
623
JPEG-Download
 

OR.

623

Uue seule circonstance pouvait faire varier ce prix ; c’étaitun événement qui apportât un grand changement dans letravail et la dépense de l’exploitation des mines d'or et d’ar-gent. Cet événement a eu lieu entre la fin du quinzièmesiècle et le commencement du seizième, par la découverte enAmérique , de mines beaucoup plus riches et plus faciles àexploiter que toutes celles connues jusqu’alors.

Le prix de l’or et de l’argent a subi à cette époque une révo-lution importante, et c’est la seule qu’il ait jamais subie. Dèslors, un quintal d’argent a pu arriver de la ruine dans les mar-chés de l’Europe , avec environ six fois moins de travail et dedépense qu’auparavant ; un quintal d’or, à environ quatre foismeilleur marché que dans les temps précédens. Les prix de cesmétaux ont dit baisser relativement aux autres marchandises,dans une proportion correspondante à cette diminution de fraiset de travail.

La vérité de cette assertion est établie par la théorie, elle estdémontrée par les faits.

Le prix d’une marchandise est l’expression du rapport devaleur vénale qui existe entre cette marchandise et telle autremarchandise qu’on prend pour terme de comparaison. Tellequantité d une marchandise vaut telle quantité d’une autre,parce que, communément, ces deux quantités respectives s’é-changent l’une contre l'autre; ou, ce qui est la même chose,parce qu’elles représentent un équivalent de travail et dedépense.

Dans le commerce ordinaire, on exprime en argent le prixde toutes les marchandises ; mais pour indiquer le prix de l’ar-gent lui-même, et juger des ‘variations quil a pu subir, ilfaut nécessairement comparer l’argent avec quelque autre mar-chandise. Celle qu’il est plus convenable de choisir pour termede comparaison , est celle qui, à peu près dans tous les temps,a coûté la même quantité de travail et de dépense, celle dont la