624 Minerais métallifères.
demande a presque toujours en un cioisrs uniforme, et dont laconsommation suit presque invariablement la marche de la po-pulation. Tel est le blé , matière nécessaire à la subsistance gé-nérale , chez la plupart des nations civilisées.
D’après les monumens que l'histoire nous a conservés, et enconsultant de préférence ceux qui offrent le moins d’incertitude,on voit que si l’on remonte aux temps les plus anciens, endescendant ensuite jusqu’à celui qui a immédiatement précédé ladécouverte de l’Amérique , le rapport de valeur entre le bléet l’argent a été à peu près constamment le même, sauf lescrises momentanées, qui, par l'effet de la rareté du blé, ontde temps à autre causé dans ce rapport des perturbations acci-dentelles.
Dans tous les temps antérieurs à celui où l’Europe a reçu leproduit des mines de l’Amérique , le rapport de valeur de l’ar-gent au blé est comme six mille à un , c’est-à-dire, qu’un poidsdonné d’argent, achète six mille fois le même poids de blé."Vingt grammes d’argent (4 francs environ de notre monnaieactuelle) sont le prix moyen de six mille fois vingt grammes,ou cent vingt kilogrammes de blé, même poids à peu près quele setier de Paris , poids moyen de deux cent quarante livres,poids de marc. 11 fallait six mille fois plus de travail et de dé-pense pour faire venir au marché une livre pesant d’argent, quepour produire et y amener une livre pesant de blé.
Plutarque dit que du temps de Solon , le médimne de fro-ment valait couramment une drachme ; la drachme contenait enargent fin quatre de nos grammes ; et ajoutant la façon du mon-noyage, elle devait avoir à Athènes le même cours qu’environ1 francs 5 centimes de notre monnaie. Le médimne contenaittrois et demi de nos boisseaux de Paris , ce qui répond à soixante-dix livres, poids de marc. Ainsi, le setier de deux cent quarantede ces livres se serait vendu à peu près 3 francs 60 centimes denotre monnaie. Démoslhènes, dans les Phîlippiques, donne le