Band 
Tome premier.
Seite
627
JPEG-Download
 

OR.

627

L’or et l’argent étant éminemment par leur nature propresà ce service, ont été adoptés pour monnaie, par tous les peuplesqui ont pu se les procurer en quantité 'suffisante pour cettedestination. Si on les voit dans tous les temps et dans tous les paysgénéralement employés dans les monnaies, c’est uniquement parcette raison, et non pas, comme quelques écrivains l’ont dit,par suite d’une convention universelle.

Le monnayage ajoute quelque valeur à la matière, non-seu-lement comme façon, mais encore comme garantie du poids etdu titre de la pièce.

De la définition même de la monnaie , il suit que sa valeurmarchande détermine nécessairement la valeur qu’elle peutavoir comme monnaie, et que les gouvernemens ne peuvent rienajouter à celle valeur, au delà des frais du monnayage , puisqueles valeurs des choses sont le résultat des rapports physiques,indépendans de la volonté des hommes. Ainsi, toute altérationde la monnaie ou tout surhaussement arbitraire, ne peut êtreconsidéré que comme une violation de la foi publique, un atten-tat à la propriété et aux conventions passées entre les particuliers;mais les effets d’un tel acte sont nécessairement momentanés,et les valeurs reprencenl aussitôt après le véritable rapport que lanature des choses établît entre elles.

Le service d’une monnaie étant borné au territoire dans le-quel elle a cours, il s’ensuit que, hors de ce territoire, le sur-croît de valeur résultant de la façon, disparaît entièrement, etqu’il 11e reste plus qie la seule valeur marchande ; à moins quecelui qui l’apporte a’ait le projet de la réimporter dans le paysd’où elle sort, il nt la recevra que pour le prix de la matièreseulement.

C’est pourquoi lechange entre différentes nations ne s’établitque sur ta quantité l’or ou d’argent pur qui se trouve contenudans leurs monnaies respectives, abstraction faite de la façon etde 1 alliage.

4o.